Jocelyn MacDonald : Peut-être, ce dont le féminisme a besoin, c’est d’exclusion, pas d’inclusion

Le blog de Christine Delphy

A une époque où l’inclusion est devenue une priorité essentielle du féminisme, une idée fondatrice est tombée particulièrement en défaveur : le séparatisme. La simple accusation de ne pas être intersectionnelle (position qui est en fait impérative mais est souvent mal appliquée par les mêmes progressistes qui en appellent à l’inclusivité) suffit pour faire annuler les événements, et fermer les espaces et les organisations qui centrent les femmes. L’idée du séparatisme, même chez de nombreuses féministes, évoque les redoutables féministes de la Seconde vague aux aisselles poilues qui épèlent « women » avec un y, ou ces gouines imbaisables avec leur coupe « boule à zéro » (LOL). Vous verrez que le séparatisme est interdit chaque fois que n’importe quel groupe de femmes essaie d’organiser n’importe quoi, immanquablement. « Cet événement est pour toutes les personnes marginalisées par le patriarcat » diront les progressistes. Merci, mais tout le monde est marginalisé par le patriarcat d’une façon ou d’une autre.

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Cisgenre : Définition

RadCaen

« Cis n’existe pas. Les femmes ne sont pas une sous-classe de leur propre classe sexuelle. »
-C. Hulting-


Le terme cisgenre est réfuté par les féministes radicales (voir cet article pour savoir pourquoi), mais que signifie t-il réellement ? Et par qui a t-il été inventé ? Nous pensons que les réponses à ces questions sont importantes pour bien comprendre les enjeux qui entourent ce mot.

Origine

Le terme cisgenre provient de l’allemand « zisexuell », signifiant cissexuel. Il a été utilisé pour la première fois par le sexologue Volkmar Sigusch en 1991 dans son essai « Les Transsexuels et notre vision nosomorphique », qu’il cite comme origine du terme dans son essai « La Révolution Néosexuelle » publié en 1998. Que l’on cite l’un ou l’autre de ces essais comme origine, on peut s’accorder sur le fait que le mot a été inventé dans les années 90.

Le terme genre, qui est la base de…

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Egalitaria (Caroline) : Backlash : l’inévitable retour de bâton

Le blog de Christine Delphy

Alors que les coutures du vieux monde craquellent de partout, et que ses habitants s’accrochent avec désespoir à leur trône branlant (en décernant des Césars à un pédophile multirécidiviste, par exemple), les femmes qui appellent de leurs vœux un monde plus égalitaire, plus respirable et plus ouvert ne peuvent constater qu’une chose : leurs revendications font peur. 

Plus que la domination masculine, plus que le viol, plus que l’abus de pouvoir. 

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LE VIOL, INSTRUMENT DE CONTROLE DES FEMMES 

Révolution Féministe

                                              

INTERVIEW DE NOEMIE RENARD

Par Francine Sporenda

Noémie Renard travaille dans le domaine de la recherche en biologie. Elle anime depuis 2011 le blog Antisexisme.net

F. S.: Globalement, selon les études que vous citez, entre « 25% et 43% d’hommes disent avoir commis une agression sexuelle ou un viol en utilisant une forme ou une autre de contrainte ». Pourtant, quand Caroline de Haas a mentionné un fait objectif: que vu le nombre très important de viols et d’agressions  sexuelles, le nombre de violeurs et d’agresseurs devait nécessairement être très élevé, ça a suscité un tollé. Pourquoi cette réaction selon vous?

N.R. : Grâce au mouvement féministe, on a pu faire la lumière sur le nombre des victimes de violences sexuelles, et là on a levé un tabou : maintenant on…

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Aimer pour survivre – Dee Graham, Traduction Lecture

Mais qu’il est difficile de s’en libérer! 😥

Radfem Résistance

Dee Graham reprend les conditions dans lesquelles le syndrome de Stockholm se développe (rapport otage, les femmes – ravisseur, les hommes). Elle propose une thèse sur la dimension sociale de ce syndrome qui caractériserait les relations homme/femme. Elle montre notamment comment l’amour, l’hétéronormativité, la féminité patriarcale, le refus des liens amicaux entre femmes constituent une stratégie afin de rester proche de celui qui détient le pouvoir de vie ou de mort sur soi. Celui qui a le pouvoir de nommer, pouvoir de vivre, de valider, de reconnaître, d’honorer, d’aimer.

Les conséquences de la violence (physique et psychologique) des hommes à l’encontre des femmes impactent la psychologie de ces dernières (voir les travaux de Muriel Salmona), sur ce qu’elles vont mettre en place (gestes, attitudes, espoirs) afin de survivre. Cette psychologie n’est pas naturelle mais elle est devenue génétique quand l’histoire des femmes n’a été que celle de la captivité et…

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Que faudra-t-il qu’il arrive pour qu’on parle franchement de la source du sadisme des hommes?

« Beaucoup de gens trouvent difficile d’expliquer ou de constater la misogynie. Cependant, quand on réfléchit à de tels crimes et qu’on cherche leur justification, cela cesse d’être difficile.

Il y a quelque chose d’inquiétant dans notre peu de préoccupation envers ces comportements et envers la quantité d’hommes qui les adoptent, sous différentes formes. Soit que nous admettons toutes et tous qu’il y a quelque chose d’inné chez les hommes qui les incite à jouir de la torture, et dans ce cas, que doit-on faire des hommes? Soit que nous reconnaissons que ce comportement est surtout appris, et dans ce cas, nous pouvons y mettre fin. Il ne peut pas y avoir autant de psychopathes de naissance dans ce monde. (Et s’il y en a autant, pourquoi sont-ils presque tous des hommes, et presque jamais des femmes?) Et considérant les hommes non psychopathes que nous aimons et avec lesquels nous vivons – ceux qui sont « bons », et qui ne se masturbent pas sur des femmes qu’ils étranglent dans la rue jusqu’à l’inconscience – des hommes qui sont eux aussi excités à l’idée qu’ils pourraient tuer leur copine s’ils le voulaient et qui nous le disent, mais choisissent de ne pas le faire, et trouvent que ce sentiment de puissance en étranglant juste un peu leur copine constitue une perversion inoffensive, alors nous devons reconnaître que ce problème de violence et de domination sexualisées n’est pas seulement un problème de pervers et de « cas psychiatriques ».

Dans la pornographie et dans la « vraie vie », des hommes veulent nous étrangler, éjaculer dans nos yeux, nous pénétrer jusqu’à nous faire étouffer, pleurer ou vomir – jusqu’à nous tuer peut-être aussi – et peut-être rire tout en le faisant (« Oh, tu ne peux plus respirer? Mais regarde comme ma queue est dure! »), mais ils n’arrivent pas à comprendre pourquoi les féministes protestent! C’est comme s’ils croyaient que les femmes ne voient pas ce qu’ils regardent, ce qu’ils font et ce qu’ils demandent au lit. Mais bien sûr, nous le voyons. Nous le savons toutes. Seulement, la plupart d’entre nous ne veulent pas en parler. C’est trop dur de reconnaître ce problème, et c’est trop dur d’y faire face lorsque nous le faisons. Allons-nous quitter ces hommes? Désespérer d’eux comme étant mauvais et incorrigibles? Allons-nous leur parler et essayer de leur expliquer les torts causés par leurs habitudes pornographiques ou sexuelles? Je n’ai pas de réponse assurée à ces questions. Mais je sais au moins qu’il nous faut commencer à en parler, et dire que cela n’est pas normal, que ce n’est pas acceptable, et que ce n’est certainement pas inoffensif.

Nous pouvons continuer à trouver des excuses, à fermer les yeux, ou à crier : « Ne viens pas contrôler ma sexualité, espèce de sainte-Nitouche! » chaque fois que des féministes suggèrent que, peut-être, le fait de transformer la violence en source d’excitation pourrait inciter les hommes à être excités par la violence. Ou nous pouvons commencer à parler franchement. Étant donné les conséquences, ça semble en valoir la peine. »

TRADFEM

Le sadisme des hommes est soit inné, soit appris. S’il est appris, c’est un problème auquel on peut s’attaquer.

Le 6 octobre 2018 par MEGHAN MURPHY (traduit par Pauline Cyr)

brett-kavanaugh-christine-blasey-ford.jpg Brett Kavanaugh et Christine Blasey Ford

Bonjour et bienvenue à l’édition de cette semaine sur Qu’est-ce qui peut bien clocher à ce point chez les hommes?

Je dois vous avertir que je n’aurai probablement pas de réponse à la fin de cette enquête, mais peut-être qu’un généreux confrère se sentira inspiré à éclairer notre pauvre lanterne.

Je suis, bien sûr, hors de mon domaine d’expertise, car je n’ai jamais joui en étouffant un homme avec ma vulve, et je n’ai jamais rêvé non plus d’inviter un groupe de copines à venir torturer avec moi un homme jusqu’à ce qu’il pleure ou qu’il vomisse, tout en me masturbant et en le traitant de sale chien. Je n’ai jamais poussé un…

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Dee Graham — Aimer pour survivre : terreur sexuelle, violence des hommes et vies de femmes

« Nous proposons que l’attachement réflexe des femmes aux hommes, ainsi que la féminité et l’hétérosexualité des femmes, sont des réactions paradoxales à la violence masculine exercée contre elles. Tout comme les ravisseurs ont besoin de tuer, ou au moins de blesser quelques otages afin d’obtenir ce qu’ils veulent, les hommes terrorisent les femmes afin d’obtenir ce qu’ils veulent: la continuation des services sexuels, émotionnels, domestiques et reproductifs que leur assurent les femmes. Comme des otages qui s’efforcent d’apaiser leurs ravisseurs de peur que ceux-ci ne les tuent, les femmes s’efforcent de plaire aux hommes, et cette réaction fonde le concept même de féminité. La féminité décrit un ensemble de comportements qui plaisent aux hommes (les dominants) parce que communiquant l’acceptation par une femme de son statut subordonné. Ainsi, les comportements féminins sont des stratégies de survie. Comme des otages qui se lient à leurs ravisseurs, les femmes se lient aux hommes dans le but de survivre, et c’est la source de leur si fort besoin de connexion avec les hommes et de leur amour pour eux. Nous croyons que tant que les hommes n’auront pas cessé de terroriser les femmes — et que le souvenir de ces violences n’aura pas disparu de la mémoire collective des femmes — nous ne pouvons pas savoir si l’amour des femmes pour les hommes et l’hétérosexualité des femmes sont autre chose que des stratégies de survie expliquées par le syndrome de Stockholm. Nous nous référons à cette théorie de la psychologie actuelle des femmes comme théorie du syndrome de Stockholm sociétal.

Bien que cette théorie soit émotionnellement éprouvante, elle a l’avantage de rendre le monde mieux compréhensible, en expliquant la relation entre des phénomènes apparemment disparates. Par exemple, la théorie du syndrome de Stockholm sociétal explique pourquoi de nombreuses femmes s’opposent à l’amendement constitutionnel étatsunien qui stipulerait l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, pourquoi la plupart rejettent même la théorie — le féminisme — qui épouse le point de vue des femmes et cherche à accroître leurs droits, pourquoi les femmes travaillent si fort à établir des liens avec les hommes alors qu’il serait beaucoup plus facile de combler nos besoins de connexion avec d’autres femmes, pourquoi beaucoup de femmes souffrent de « dépendance amoureuse », et pourquoi les femmes aiment les hommes dans un monde de violence des hommes à notre égard. La théorie du syndrome de Stockholm sociétal montre que ces croyances et comportements paradoxaux des femmes sont des stratégies de survie dans une culture marquée par la violence masculine. Ainsi, contrairement aux théories du masochisme féminin ou de la codépendance, cette théorie désigne comme responsable la violence masculine contre les femmes, et non les femmes elles-mêmes, pour l’apparition de comportements qui semblent irrationnels. »

TRADFEM

Loving to Survive: Sexual Terror, Men’s Violence, and Women’s Lives

(Aimer pour survivre : terreur sexuelle, violence des hommes et vies de femmes)

Autrices: Dee L. R. Graham. Edna I. Rawlings. Roberta K. Rigsby. Éditrice: NYU Press, Collection Feminist Crosscurrents, 1994.

 

Préface de Dee Graham

Traduite par Claire Fougerol pour TRADFEM

COV lOVING TO SURVIVE Ce livre est disponible chez plusieurs revendeurs.

     En tant qu’autrices, nous faisons deux promesses à notre auditoire. La première est que la nouvelle vision des relations hommes-femmes que nous proposons ici changera à jamais votre regard sur les femmes, les hommes et leurs relations. Notre deuxième promesse est que la prise de conscience à laquelle ce livre vous invite sera émotionnellement éprouvante.

La plupart des lectrices à qui nous avons soumis des parties de ce manuscrit nous ont confié avoir souffert à la lecture de ces idées. (Étrangement, les lecteurs y ont plutôt réagi positivement.) Toutefois, après…

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Aux confins de la misogynie

« Et comme si cela ne suffisait pas, certains hommes nous polluent de vidéos, d’articles ou de tweets dans lesquels ils se victimisent, nous faisant croire que c’est l’enfer d’être confinés avec leur compagne. A cette sidérante inversion patriarcale s’ajoute la perversion ultime du ton comique, nous rendant malgré nous complices en nous amenant à rire de la femme qu’ils prétendent aimer tout en la faisant passer pour une mégère aux yeux du monde entier.

Pourquoi quand ce sont les bourges qui se plaignent d’être confiné·e·s dans leur villa à l’Ile de Ré, tout le monde trouve ça indécent, révoltant même, mais quand ce sont des mecs qui se plaignent d’être coincés avec une femme qui a le toupet de leur demander de contribuer aux tâches ménagères, ça devient magiquement désopilant ?

Et bizarrement – non –, je n’ai pas encore vu passer de vidéos humoristiques faites par des femmes pour se moquer de leur bonhomme qui passe le plus clair de ses journées avachi dans le canapé à se gratter alternativement les couilles et le nez, sans daigner interrompre ce va-et-vient nonchalant entre ses divers appendices ne serait-ce que pour se laver les mains. C’est bien simple, les femmes n’en ont ni l’énergie – réduite à peau de chagrin par les violences masculines –, ni le temps – dérobé là aussi bien souvent par les hommes, par exemple en ne s’occupant pas correctement de leurs enfants –, et surtout, elles risquent pour leur part des représailles, qui, dans le contexte actuel, pourraient aller extrêmement loin. Non, les femmes coincées avec un homme violent ou ne serait-ce que pénible ne font pas des blagues dessus en public pour se faire mousser, elles nous écrivent en privé à nous féministes ou sur des groupes fermés[7] pour vider leur sac et demander des conseils et du soutien, parce qu’elles sont réellement en détresse – elles.

Ca me rappelle une humoriste[8] qui demandait à son public : « Vous savez pourquoi il y a des tonnes de blagues et de sketchs sur les « crazy ex-girlfriends » mais aucune sur les « crazy ex-boyfriends »? Parce que la plupart de celles qui les ont fréquentés ne sont plus là pour les raconter. »

Pendant les deux minutes que vous prendrez à regarder l’une de ces minables vidéos (ou à vous l’épargner, ce que je recommande fortement), des milliers de femmes seront en train d’être humiliées, violées, terrorisées, tabassées, par l’homme qui prétend les aimer. Et le lendemain – si elles ne sont pas mortes – elles devront trouver la force de se lever et de partager 24h de plus dans le même huis-clos avec ce même tortionnaire. 24h de plus à le servir pour lui survivre.

Honte à eux.

Soutien à elles. »

Le pouvoir de l’amour

« Salut à toutes et tous, en ces temps confinés j’ai pensé vous mettre à disposition cette histoire inédite de mon tome 3 « La charge émotionnelle ».

Je souhaite plein de courage à toutes celles et ceux qui galèrent, qu’on soit obligé·es d’aller travailler, par la nécessité ou par nos patrons, ou qu’on soit confiné·es seul·es ou avec des petits à gérer.

Coeurs et courage sur vous »

Emma

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Devenir une victime, devenir féministe

« Et pourtant, en effet, devenir une victime est un processus difficile et douloureux. Devenir une victime, devenir féministe, a un coût émotionnel double, en modifiant notre rapport à notre propre existence, et en nous associant à l’expérience des autres.

Devenir une victime et devenir féministe change d’abord notre rapport à notre propre vie et à notre agentivité (notre capacité à être agentes de notre propre vie et à en avoir le contrôle, à agir sur le monde et sur les choses). Delphine Seyrig, dans une autre interview, interrogée sur ce qu’est le féminisme, répond :

« C’est la prise de conscience de toutes sortes de choses, à savoir que je ne suis pas libre. On dit volontiers, et à tort à mon avis, qu’il existe des femmes libres, et je crois que c’est faux. Je suis la première à savoir que je ne suis pas libre. Par conséquent, il est normal que je sois en mouvement pour être libre. »

Cette question évidemment extrêmement complexe et a largement alimenté les réflexions des mouvements féministes, autour de l’idée d’empowerment et de la critique de cette notion, de l’image illusoire des « femmes libres » que mentionne Seyrig à celle des « femmes fortes » ou des « femmes de tête », présentées comme des exceptions qui doivent leur liberté à leur force intérieure, leur « résilience », leur liberté individuelle. Virginia Woolf elle-même écrivait « Lock up your libraries if you like; but there is no gate, no lock, no bolt that you can set upon the freedom of my mind ». Ces formes de liberté sont précieuses, y compris pour moi en tant que féministe, mais seulement à condition d’en cerner les limites sociales et politiques. Car si nous sommes cantonnées à ces libertés restreintes (la liberté intérieure, la création, ou même la sexualité libérée que revendiquent plusieurs signataires de la tribune) c’est bien qu’en définitive, nous ne sommes pas libres.

Ainsi, défendre la liberté sexuelle comme quelque chose qui se passe dans nos têtes (et éventuellement dans notre éducation), et non comme une capacité socialement conditionnée par l’égalité de genre (par l’autonomie économique, par l’absence de violences sexuelles systémiques), relève de cette conception individualiste et libérale qui n’a pas trop de mal à se dire « féministe » sous prétexte que les femmes qui la soutiennent ne sont pas de timides vierges effarouchées. Elles affirment que nous sommes libres « d’accepter ou de refuser le jeu social » de séduction qui passe par des gestes non-consentis. Je le dis en tant que féministe : c’est une imposture. Nous ne contrôlons pas ce jeu social et nous n’en faisons pas les règles. »

Les antiféminismes sont tout à fait fascinants

Il y a un mois, cent femmes signaient une tribune antiféministe dans Le Monde pour dénoncer le mouvement mondial et collectif de dénonciation de violences sexuelles issu de l’affaire Weinstein. Tout en commençant par rappeler que *bien sûr*, le viol est un crime très grave, la tribune adressait une série de critiques, par ailleurs assez variées et pas nécessairement très cohérentes, au mouvement #metoo. Les différentes déclarations des signataires suite à la publication de la tribune laissent penser qu’elles signaient parfois pour des raisons assez différentes, les unes étant attachées au doux commerce de la séduction hétérosexuelle, d’autres à la liberté dans la création artistique, d’autres enfin à une certaine idée la force des femmes face à un agresseur (savoir se défendre) ou bien à la suite d’un viol (ne pas être traumatisée et aller de l’avant).

Cette tribune, mais aussi les propos tenus par la suite et en particulier…

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