Les impacts de la division sexuelle sur l’horloge des jours

Il faut que je me ré-abonne!

Entre les lignes entre les mots

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«C’est l’éternel come-back. Le mauvais film qui repasse en début d’été et qui sent le papier imprimé. Sur l’affiche s’étalent comme de la crème solaire trop blanche les injonctions estivales à «ralentir», à «prendre son temps»».Dans son éditorial, «Autant en emporte le temps», Sabine Panet interroge: «Qui peut «dégager» du temps comme on dégage d’un coup de pied nonchalant un ballon qui nous percute?». L’éditorialiste parle de l’horloge des femmes pleine à craquer, des tic-tac des inégalités, des invisibles, de celles qui courent après leur vie, des tic-tacs qui ne s’arrêtent jamais ou si peu, de celles et ceux qui comptent les jours, «C’est le tic-tac goutte-à-goutte des femmes et des hommes sans papiers qui attendent une réponse favorable à leur demande de titre de séjour. Les une et les autres ne vivent pas dans le temps irréel et privilégié de certains…

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Profites tu de privilèges masculins?

J’en ai quelques-uns en tête et cela vaut pour la Belgique et la France et pas mal d’autres pays d’Europe. 1. Si tu as trop chaud, tu peux te mettre torse-nu dans un parc, dans la rue et dans beaucoup d’autres endroits publics sans te faire arrêter pour exhibitionnisme. 2. Quand tu vas à la piscine, tu peux également être torse-nu et tu ne te sens pas obligé de t’épiler les mollets, les aisselles et le contour de ton entre-jambe. 3. Quand tu parles de l’éducation que tu donnes à tes enfants, tout le monde te félicite même si tu t’investis bien moins que leur mère vis-à-vis d’elleux. Pareil quand tu vas seul au parc avec eux. 4. Tu peux t’attendre également à être félicité dès que tu accomplis une tâche ménagère, quand tu as un intérieur soigné et joliment décoré (même si tu es célibataire et sans enfants) que tu prépares un repas pour tes invités, que tu repasses tes chemises, etc. Toutes situations qui sont considérées « normales » pour une femme et pas spécialement remarquées. 5. Si tu es hétéro, tu sais que tu pourras compter sur tes partenaires sexuelles pour prendre la contraception entièrement à leur charge et ne pas te préoccuper d’acheter des préservatifs ou de faire une vasectomie. 6. Tu peux te trouver facilement des slips/caleçons/boxers sexy qui ne te coûtent pas une blinde. 7. Tu peux porter des vêtements confortables et super pratiques, peu onéreux sans avoir l’air d’un « vieux garçon » ou que l’on te dise que tu t’es habillé « comme un épouvantail ». 8. Si tu divorces, tu as peu de probabilité de basculer dans la pauvreté. https://www.insee.fr/fr/statistiques/4774341 9. Si tu as une maladie grave il est moins probable que ta compagne te quitte, alors que c’est l’inverse si c’est ta compagne qui tombe malade. « Ainsi, après l’annonce d’un cancer, le taux de séparation des patients en couple est de 20,8 % lorsque c’est la femme qui est malade, et tombe à 2,9 % dans la situation inverse. Une femme en couple a ainsi six fois plus de risques d’être quittée par son conjoint après diagnostic qu’un homme dans la même situation. » https://www.lesinrocks.com/actu/une-femme-6-fois-plus-de-risque-detre-quittee-lannonce-dun-cancer-quun-homme-129007-04-01-2018/ 10. Tu peux dire à tes ami.es que tu fais du « baby-sitting » avec tes propres enfants sans que personne ne te traite de père indigne ou de crétin des alpages. 11. Tu peux faire des blagues misogynes sans trop de problèmes. Les femmes savent ce qu’elles risquent quand elles font des blagues misandres. 12. Tu peux plagier ou t’approprier le travail d’une femme ou une partie importante de son travail, peu de gens s’en apercevront et la femme plagiée aura toutes les difficultés du monde à obtenir justice pour ça. C’est même le comble que tous les travaux les plus prestigieux et les plus connus sur le féminisme et la domination masculine soient des « oeuvres » d’hommes et non de femmes. http://1libertaire.free.fr/DiscussionBourdieu.html https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Domination_masculine_(film) https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180613.OBS8107/plagiats-en-serie-l-homme-qui-aimait-trop-les-feministes.html Les exemples pour les travaux de grandes scientifiques, de grandes artistes et de grandes autrices sont bien trop nombreux pour ne pas les trouver facilement sur le net et dans les librairies au rayon « féminisme » aujourd’hui. Mais de nombreuses femmes continuent d’en retrouver de nouvelles années après années cependant. 13. Tu as moins de probabilité d’avoir des problèmes de santé mentale liés à ton sexe qu’une femme. Tu iras moins volontiers consulter de toi-même un.e spécialiste si tu as des problèmes et l’on te dira moins d’aller consulter un.e spécialiste si cela « ennuie » ton entourage. 14. Si tu te plains de quoi que ce soit, il y aura beaucoup de gens prêts à t’écouter, te croire, te soutenir, prendre ta défense, etc. 15. Si une femme se plaint de toi, tu auras également beaucoup plus de soutiens qu’elle, même si tu es réellement coupable de ce dont elle t’accuse, d’autant plus si elle t’accuse de faits graves à son encontre. 16. La médecine en général a beaucoup plus tes intérêts à coeur que ceux des femmes. ex : l’invention du viagra, la non-commercialisation de la pilule pour hommes, de la contraception thermique pour les hommes, peu de campagne pour la vasectomie, disparition pendant plus d’un siècle du mot « clitoris » des manuels de médecine et des cours d’éducation sexuelle pour les adolescent.es, etc.

Mon voyage féministe

Profites-tu de privilèges masculins? Bon, si tu es une femme, il est très probable que tu n’en profites pas. Cependant si tu es un homme, il est très probable que tu en bénéficies.

La liste originale a été créée par Peggy McIntosh démontrant les privilèges d’être blanc.  Plusieurs ont ensuite utilisé cette liste pour en créer une sur les privilèges d’être un homme. Ce genre de liste aide à voir concrètement les privilèges auxquels on bénéficie (ou au contraire, dont on ne bénéficie pas) en raison de notre statut; que ce soit de sexe, orientation sexuelle, classe, race… Selon moi, c’est un exercice important pour toute personne bénéficiant de privilèges car souvent on ne s’en rend pas compte. got-privilege

Cette liste n’a que pour but de démontrer les privilèges attribués aux hommes. Cependant, le plus grand privilège est de ne jamais devoir admettre ou penser à ces privilèges. Ils sont gratuits…

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Il a choisi le porno plutôt que moi : des femmes blessées par des hommes qui utilisent du porno ( « He Chose Porn over Me » de Melinda Chope Reist )

Brisant le mythe populaire selon lequel le porno est inoffensif, les récits personnels de 25 femmes courageuses dans He Chose Porn over Me révèlent le traumatisme réel subi par les femmes aux mains de leurs partenaires consommateurs de porno – des hommes censés prendre soin d’elles.

Ce livre confrontant mais nécessaire ose dire la vérité sur l’impact destructeur de la pornographie – sur les hommes qui l’utilisent habituellement et sur les femmes et les enfants qui sont maltraités et rejetés en conséquence.

Les femmes de ce livre étaient des dommages collatéraux dans l’avidité insatiable de leur partenaire pour le porno. Leurs histoires racontent l’écrasement de l’intimité, du respect, de la connexion, de l’amour. Le porno a colonisé leurs familles, laissant les femmes rejetées et marquées. Elles ont été victimes de terrorisme sexuel chez elles. Les hommes, turbocompressés par la pornographie, étaient intoxiqués par le pouvoir sexualisé. Ils s’en fichaient de tout perdre, y compris leurs partenaires.

Dans cet exposé obsédant, la pornographie est à juste titre présentée comme un outil insidieux de violence contre les femmes.

Les contributrices, travaillant maintenant à reconstruire leur vie, ont trouvé une confidente en Melinda Tankard Reist qui les a soutenues dans le partage de leurs expériences dans ces pages, et pour avertir les autres femmes – ne sortez pas avec des hommes qui utilisent du porno…

Il a préféré le porno à moi. Le porno a tué mon mariage. Cela a tué ma confiance. Cela a détruit mon sens de moi-même et ma compréhension de la véritable intimité.

—Courtney

Tant que la pornographie existera, nous n’aurons aucune chance de créer un monde juste et équitable.

—Carla

J’étais préparée pour devenir une star du porno dans la chambre.

—Maggie

Il m’a utilisé comme une poupée gonflable.

-Florence

« Enfin, nous voyons avec des yeux clairs que la pornographie est une machine à misère mondiale. Pour ceux dont les corps sont détruits dans sa fabrication, et ceux dont les cœurs sont détruits dans sa consommation. Mais que se passe-t-il si les pires effets sont sur les partenaires des hommes pour qui le porno a remplacé et redéfini ce qu’est l’amour ? Comme nous l’avons découvert tardivement avec les abus sexuels sur les enfants et la violence familiale, quelqu’un que vous connaissez est susceptible de vivre déjà cette tragédie. Ce livre pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, mais il fait exploser quelque chose dont nous devons parler. Les femmes et les hommes ont besoin de connaître les signes avant-coureurs, et qu’ils n’ont pas à se retrouver là. »
— Steve Biddulph, auteur à succès de Raising Boys, Raising Girls and Manhood , activiste et psychologue

https://www.spinifexpress.com.au/shop/p/9781925950588

STOP à la « présomption d’innocence », OUI à la présomption de culpabilité! Apprenez à encourager la colère des femmes non à la réprimer en les diffamant par une procédure-bâillon!

Voici deux publications de femmes talentueuses et courageuses que je vous invite à suivre sur les réseaux sociaux. Je vais copier-coller un fil de discussion sur Twitter d’une juriste https://twitter.com/Lawphilisee et deux autrices https://www.instagram.com/ilsabusentgrave/ 2 liens vers une BD sur les 2 mêmes sujets qui reviennent en boucle dans les affaires des violences sexuelles et/ou conjugales. #Metoo #Metooinceste , etc.

« 1/ Aujourd’hui c’était encore un festival de « présomption d’innocence » à tort et à travers, comme pour chaque affaire de viol. Tuto : comment on se sert de la présomption d’innocence ? Pourquoi elle ne s’applique pas en ce moment à Léo Grasset ? A bons entendeurs. Thread

2/ On commence par les sources : plusieurs textes font référence à la présomption d’innocence, notamment l’article 9-1 du code civil et l’article préliminaire du code de procédure pénale. La CEDH, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen y font aussi référence.

3/ On continue avec la définition : Le manquement à la présomption d’innocence « consiste à présenter publiquement comme coupable, avant condamnation, une personne poursuivie pénalement » (1ère civ. 6 mars 1996, n° 93-20.478).

4/ La présomption d’innocence a deux csqces : – le ministère public doit prouver la culpabilité d’une personne (ce n’est pas à elle de prouver son innocence) – la personne a le droit de ne pas être déclarée coupable avant condamnation, et peut être indemnisée si c’est le cas.

5/ Premier point fondamental : la présomption d’innocence concerne les personnes poursuivies pénalement. Donc s’il n’y a pas de poursuite engagées par le ministère public, il n’y a pas de présomption d’innocence. Vous doutez ? Allez lire cette décision :

https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000045267091/

6/ Donc le premier truc à mettre au clair : si la personne n’est pas poursuivie, on ne parle pas de présomption d’innocence. Vous me voyez venir ? Arrêtez. de. dire. que Léo Grasset est protégé par la présomption d’innocence. C’est juste faux. Au mieux un abus de langage.

7/ Et quand il y a poursuite, la présomption d’innocence n’est pas un totem d’immunité. Il est toujours possible d’écrire des articles, de commenter, de diffuser des informations, etc. La précaution à prendre : ne pas affirmer que X et coupable de telle infraction.

7bis/ La présomption d’innocence est un principe absolument fondamental de la procédure pénale. Et il faut vraiment veiller à le respecter. Seulement, il ne faut pas lui faire porter ce qu’il ne porte pas.

8/ Maintenant que c’est dit, il y a qd même des droits qui protègent les personnes non-poursuivies. Particulièrement une infraction : la diffamation (+ la dénonciation calomnieuse pour les victimes) + tout ce qui relève de l’injure et du harcèlement, etc.

9/ La diffamation c’est : une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur et à la considération d’une personne ». Typiquement, rapporter qu’une personne a violé ou peut-être violé des personnes peut porter atteinte à son honneur.

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000030743290/1881-07-29#:~:text=Toute%20all%C3%A9gation%20ou%20imputation%20d,aucun%20fait%2C%20est%20une%20injure

10/ La diffamation peut être constituée que les faits rapportés soient vrais ou faux. C’est une infraction un peu particulière car elle s’articule avec la liberté d’expression. Il y a donc PLEIN de cas où les allégations et imputations sont justifiées et la diffamation écartée.

11/ Aussi, avant de crier à la diffamation dès qu’une victime s’exprime ou que des informations sont relayées, il serait bon de prendre en compte l’ensemble des droits. Par exemple la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées.

12/ Autre exemple, dans l’affaire Mamère c/ France, portée devant la CEDH en 2011, la Cour avait clairement énoncé, face à un recours en diffamation « la valeur éminente de la liberté d’expression, surtout quand il s’agit d’un débat d’intérêt général ».

13/ DONC : la présomption d’innocence, ça marche que s’il y a des poursuites sinon → diffamation. La diffamation sanctionne des propos qui portent atteintes à l’honneur et à la dignité des personnes, mais elle ne sera pas retenue si les propos sont *justifiés*.

14/ Avec la diffamation, pour juger si un propos est justifié ou non, on recherche si l’auteur de ces propos est de « bonne foi ». On a une décision récente qui rappelle ce qu’est la bonne foi dans une affaire MeToo.

https://www.courdecassation.fr/decision/627b53604d359c057dd01cd2

15/ La bonne foi suppose ainsi la réunion de 4 éléments : « la légitimité du but poursuivi, l’absence d’animosité personnelle, la prudence et la mesure dans l’expression, ainsi que l’existence d’une enquête sérieuse – ou d’une base factuelle suffisante ».

16/ Forcément, le juge appréciera les faits souverainement. Mais avant de crier à la diffamation, vous devriez tous réfléchir à si ces 4 éléments ne sont pas réunis. Cas pratique avec l’affaire soulevée par Médiapart :

17/ 1. Légitimité du but poursuivi : la justice a déjà reconnu que des dénonciations de violences sexuelles peuvent s’inscrire dans « un débat d’intérêt consécutif à la parole des femmes à la suite de l’affaire X ». On est ici dans un contexte similaire.

18/ 2. Base factuelle suffisante : on a pas besoin de condamnation pénale, juste d’une enquête sérieuse. Ici, on a de multiples témoignages, des textes qui se recoupent, bref une enquête super sérieuse. Ce qui n’était pas le cas de l’article du Point sur Guarrido et Corbière.

19/ Maintenant, l’animosité, la prudence et la mesure dans l’expression. Il faut distinguer le travail des journalistes, les victimes et les tiers.

20/ Pour les victimes, on a une décision : si les propos « s’inscrivent dans un débat d’intérêt général et reposent sur une base factuelle suffisante [il convient] d’apprécier moins strictement (…) l’absence d’animosité personnelle et la prudence dans l’expression » (21-16.497).

21/ Ici les victimes sont ultra calmes, mais c’est bon à savoir. Pour les journalistes et tiers : je ne sais pas si la jurisprudence ci-dessus s’applique. Mais concernant Médiapart, leur travail apparaît quand même assez carré.

24/ On peut aussi préciser qu’accuser une victime de diffamation lorsqu’elle s’exprime, c’est aussi possiblement la diffamer elle, juridiquement. Dans tous les cas, ces notions juridiques n’empêchent JAMAIS de choisir de croire les victimes qui s’expriment.

25/ Par ailleurs la présomption d’innocence, la diffamation, st des concepts juridiques qui prennent en compte les considérations d’intérêt général, comme la libération de la parole. Ça ne veut pas dire qu’on peut tout dire et tout faire, accuser n’importe qui de n’importe quoi.

26/ Mais ça veut dire que se jeter sur toute personne qui relaie une enquête sérieuse, émet des soupçons, s’interroge, dénonce ou fait part de son ressenti, en brandissant la présomption d’innocence et la diffamation témoigne surtout de votre incompréhension du sujet.

27/ C’est de plus quelque chose de néfaste pour les victimes de violences sexuelles, qui participe à leur silenciation. Voilà ! Ce thread est terminé ! J’espère que vous y aurez appris des choses et trouvé des outils. Si vous avez des questions/remarques n’hésitez pas. A+ !

J’ai oublié de l’expliciter, j’étais plongée dans mes trucs de droit. Mais il me paraît très important de déclarer fermement mon soutien à toutes les victimes, celles qui prennent la parole et celles qui se taisent, hier, aujourd’hui, demain, à l’occasion de ce thread. Soutien

✊

ERRATUM important ! Quand je parle de « personne poursuivie » c’est beaucoup trop imprécis. Les personnes suspectes ou mises en cause à l’occasion d’une procédure pénale (garde à vue et mis en examen) sont aussi concernées. Merci Matthieu.

Pour une appréciation plus juste du champ d’application du principe de la présomption d’innocence, deux tweets. Celui-ci :

Et celui là :

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/04/27/la-commission-europeenne-veut-proteger-les-journalistes-lanceurs-d-alerte-et-autres-activistes-contre-les-procedures-baillons_6123932_3234.html

MASCULINITE HEGEMONIQUE ET DESTRUCTION DU VIVANT

« Certains insistent sur les différences : l’accumulation primitive, la société marchande, le capitalisme salarial, le capitalisme néo-libéral… Je préfère voir les continuités et similitudes du projet patriarcal. Son évolution est arythmique, a connu des crises et des régressions, mais jamais il ne s’est si bien porté. On ne peut pas séparer le patriarcat de la civilisation, de l’État, du capitalisme, des techniques autoritaires, de l’écocide et du projet transhumaniste. Les recherches archéologiques sur les premières monnaies frappées ont permis de rendre compte de leur rôle dans l’appropriation du corps des femmes.

Le bruit de fond des civilisations est toujours le même, le mépris pour la domus, pour le foyer, pour la maison, pour notre incarnation. Ce projet est le fruit d’une idéologie, d’une culture, et non d’une espèce. » Interview d’ANA MINSKI, dont le livre « Sagesses incivilisées » vient de paraître chez M éditeur, par Francine Sporenda

Révolution Féministe

Interview d’ANA MINSKI

Par Francine Sporenda

Ana Minski est autrice de poèmes, de contes et d’articles sur le siteLes ruminant-e-s.Archéologue et cofondatrice de l’association écoféministeLes ruminant-e-s,du mouvement d’écologie radicaleERIet de l’association ariégeoisePaléolithiquequi visent à apporter une critique écologique et féministe des techniques. Son livre «Sagesses incivilisées» vient de paraître chez M éditeur.

FS: Vous rappelez dans votre livre que l’une des dualités fondamentales sur lesquelles fonctionne la pensée dans les sociétés occidentales, c’est l’opposition mâle/femelle qui renvoie aux oppositions entre culture/nature, humanité/animalité, etc. Pourquoi selon vous la femme est depuis des millénaires assimilée à la nature et à l’animal ? Qu’est-ce qui est vu comme plus naturel et animal chez elle que chez l’homme ?

AM: La femme est celle qui met au monde et qui allaite, comme tout mammifère. C’est pour ces raisons que l’allaitement en public est très mal…

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Le développement psycho sexuel de l’enfant : pour en finir avec l’Oedipe

Merci Sophie Robert !

Une pédopsychiatre et trois psychologues déconstruisent la théorie oedipienne, et parlent de la réalité du développement psycho sexuel de l’enfant, pour faire le point sur ce qui fait consensus aujourd’hui au sujet de la « sexualité infantile ».

https://www.youtube.com/watch?v=gNDVwb6p1AA

Rebelles du genre – Épisode 31 – Danielle

« Donc vraiment, il ne faut pas avoir honte, il ne faut pas avoir peur, il ne faut pas se dire que ça nous rend hystériques de vouloir la paix, de ne pas vouloir qu’on soit embêtées par les hommes, de se réunir entre femmes et de se battre… de se battre pour nous. »

Rebelles du Genre

Bonjour je m’appelle Danielle, j’ai 19 ans j’habite en belgique et je suis étudiante en médecine. Je suis bisexuelle, féministe critique du genre et je me suis considérée comme un “homme trans” pendant presque trois ans.

En fait, dès la préadolescence j’ai commencé à détester être une fille.

Pour plusieurs raisons mais principalement parce que j’ai compris très jeune que l’homme, enfin plutôt le mâle, est censé être “l’être humain” par défaut et que nous, les filles, les femmes on est “les autres” en fait, on a quelque chose en plus qui nous rend étranges.

C’est quelque chose qui déjà se reflète dans la langue française, avec le masculin qui est assimilé au neutre. Dans l’enseignement, où on fait à peine à l’effort de nous parler de femmes autrices ou de femmes qui ont marqué l’histoire par exemple, il y avait surtout l’attitude des adultes vis-à-vis du fait que j’ai…

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– « Comment l’idéologie trans déshumanise les femmes »

« Je n’ai jamais aimé le terme « privilège masculin » [NdLT : forcément, de même que Macron n’aime pas le terme « pénibilité »], mais il serait très franchement difficile de trouver meilleure expression pour décrire un homme qui écrit un livre entier sur sa « tête de nœud » – oui, il utilise ce terme – en s’attendant en toute bonne foi que les gens reconnaissent sa « féminité » – et oui, il utilise aussi ce mot. D’après lui, sa féminité est ce qu’il chérit le plus au monde, chose que j’ai trouvé assez surprenante, car j’aurais plutôt pensé qu’il s’agissait de sa teub. Sérieusement, si le privilège masculin peut bien signifier quelque chose de réel [NdLT : le fait que tu puisses écrire cet article sans être menacé de viol et de mort par la suite n’est qu’un exemple], surement réfère-t-il au fait qu’un type puisse publier un livre avec la photo de sa trogne mal rasée surplombée d’une perruque de traviole en guise de couverture, et exiger malgré tout que nous l’appelions « Madame Lavery ». Le seul fait que je parle de lui au masculin dans cette critique sera considéré par certains comme un odieux acte transphobe, que seule la pire espèce de vieux réac’ peut commettre ; mais si vous pensez que je vais dire « elle » et parler au féminin à propos d’un type qui parle des érections qu’il se tape en regardant Riverdale, et qui se pointe dans une banque de sperme pour « faire un dépôt de soie liquide » (Jay !), alors vous vous fourrez le doigt dans l’œil.

Lavery est professeur associé d’anglais à Berkeley en Californie. (Bon Dieu) [NdLT : Berkeley, le berceau du post-modernisme ricain qui a engendré J. Butler et la Queer theory]. Le livre traite de sa transition « de genre » et c’est un des livres les plus misogynes qu’il ne m’ait jamais été donné à lire. La manière dont il parle des femmes et de leur corps est tout bonnement répugnante. »

Feminist Resources

Comment l’idéologie trans déshumanise les femmes

Par Brendan O’Neill, rédacteur politique en chef de Spiked

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« Le livre complètement délirant de Grace Lavery montre à quel point l’idéologie trans est sexiste.

J’ai vu mon comptant de manipulation passive-agressive pour toute une vie, mais je dois reconnaitre que le nouveau livre du professeur transgenre Grace Lavery remporte la palme. Le livre est consacré – dans sa quasi-totalité – à son pénis, comme l’indique subtilement le titre : Après vous Mademoiselle : L’œuvre poignante d’un pénis chancelant. Pourtant, quiconque oserait s’adresser à Lavery en le considérant comme un homme serait instamment taxé de vieux réac’. Les lecteurs et lectrices auront à souffrir des kilomètres de pages plus déprimantes les unes après les autres sur la bite de M. Lavery – à quel point elle s’est ratatinée depuis qu’il a commencé à gober des hormones féminines, à quel point « elle ne lui sert à rien sauf…

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De la dissonance

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Entre être aliénée les yeux fermés, et être aliénée les yeux ouverts, sans hésitation je choisis la deuxième option. La conscience féministe est irréversible et pour rien au monde je ne changerai cette évolution. Mais parfois, la tâche me paraît si énorme que je me sens assaillie par le désespoir. 


Etre aliénée les yeux ouverts apporte la solitude. Où que j’aille, quoi que je fasse, chaque mot, chaque film, chaque bâtiment, chaque rue, chaque église, chaque réunion, chaque journal me rappelle que ce monde est bâti sur la haine, le viol et le massacre des femmes, la domination de la vie et la nécrophilie. Parfois je voudrais crier ou pleurer de rage, parfois je voudrais tout déchirer, casser. Pas une journée ne passe sans que je lise, voie, entende, la haine des femmes, des femmes qui ont été massacrées, les femmes violées, battues, déshumanisées, colonisées, occupées, possédées. La terre détruite…

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Qu’est-ce que le STRASS « syndicat » ? – Partie 1 et 2

Collectif Abolition Porno Prostitution

Article d’origine : ressources féministes

Un militant nous a adressé ce très bon document trouvé le web fin juillet 2014. Nous avons réussi à en contacter l’auteure qui a bien voulu que nous republions ici sa version Scribd en format WordPress. Qu’elle en soit vivement remerciée et félicitée pour sonexcellent travail !

L’équipe de Ressources Prostitution.


PARTIE I – Qui est le STRASS ?

(article écrit en avril 2013 ; revu en juillet 2014)

Histoire et relation avec d’autres organismes :

Le STRASS (Syndicat du Travail Sexuel) est une association loi de 1901 créée en 2009 lors des Assises européennes de la Prostitution (1).
Selon son site web, son objectif affiché est de défendre « toute personne amenée à échanger un service de nature sexuelle moyennant contrepartie et de toute personne salariée ou indépendante ou travaillant pour son propre compte exerçant une activité liée à la sexualité (2)». Sous ce…

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