Changeons de paradigme!

Je déteste la société perverse et mortifère dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Je pense qu’elle nous empêche de vivre à tous les niveaux. Je pense qu’elle nous conduit tous et toutes à nous conduire comme des égoïstes irresponsables et, immatures, donc. Même vis-à-vis de ceux que nous aimons à commencer par nous mêmes. Nous sommes élevés pour être les esclaves de tous et toutes et les bourreaux de tous et toutes y compris de nous-mêmes. Nous sommes tous et toutes pervertis jusqu’au plus intime, jusqu’à nos relations sexuelles et affectives, à ne pouvoir compter sur personne, à ne pouvoir faire confiance à personne, à nous entre-déchirer, à survivre, à nous torturer, à nous désespérer du monde et de nous-mêmes, en ne connaissant que rarement des moment de joie, de félicité, de sérénité, de bonheur. Nous sommes continuellement pris dans des conflits de loyauté vis-à-vis des autres et de nous mêmes. C’est abominable. C’est désespérant.

Je suis une utopiste, une anarchiste, une féministe . Ecrire ces trois choses-là, c’est redondant, car, pour moi, comme l’a dit Susan Brown : « Puisque l’anarchisme est une philosophie politique opposée à toute relation de pouvoir, il est intrinsèquement féministe. » Et comme les violences faites au femmes sont toujours innombrables en ce monde patriarcal de merde, ce monde néo-libéral de merde, cette société de « con-sommation » de merde, cette société perverse, pornographique, de « pouvoir » de domination de merde, de « Monopoly » … où les gagnants perdent … puisqu’ils ne peuvent jouir de leurs victoires sur les autres qu’égoïstement. Dans une immense solitude, voire, dans une mauvaise conscience pénible s’ils leur reste un peu de conscience et détestés, haïs par les perdants … si ces perdants ont pris conscience qu’ils n’avaient aucune chance de gagner dès le départ. Comme nous ne vivons pas dans une société anarchique… je suis donc une utopiste, une rêveuse… et j’en souffre atrocement à chaque minute de ma putain de vie de merde dans ce monde pourri car je suis lucide… Car je sais bien que je ne vais pas à moi toute seule changer de paradigme, changer le monde, le rendre plus juste, plus équitable, plus heureux, le meilleur des mondes possible donc.

Je n’ai que le pouvoir de me changer moi, de changer dans ma vie à moi, de paradigme. D’appliquer dans ma propre vie à moi mes principes moraux anarchistes. De vivre dans ce monde inique qui me dégoûte, dans cette société stupide et perverse et immature dont je suis la victime non-consentante. Donc de souffrir plus que beaucoup d’autres, puisque je vis en pleine conscience de ce que je vis. Puisque, par exemple, quand je fume une cigarette, j’ai pleinement conscience que je donne mon argent à des salopards de cigarettiers en me ruinant la santé et mes pauvres ressources financières. J’ai pleinement conscience que je suis une droguée. J’ai pleinement conscience que je me fais du mal. J’ai pleinement conscience que je suis une esclave et que mon addiction renforce le pouvoir économique des salopards. Et j’en souffre car, pour l’instant, je n’ai pas encore le courage, la force, la capacité émotionnelle de me passer de cette addiction, de me sevrer et de me sentir moins minable. D’arrêter d’être en contradiction avec ma conscience politique. Arrêter d’être une esclave. De me libérer de mon addiction, d’être fière de moi et non honteuse. De m’aimer donc, plutôt que de me détester pour ma faiblesse. De me sentir droite dans mes baskets. De ne pas vivre en dissonance cognitive. De ne plus souffrir.

L’exemple que j’ai donné avec ma dépendance à la cigarette est semblable à tous les domaines de ma vie. Particulièrement celui de mes relations sexuelles et affectives. Car je suis une dépendante affective. J’en ai pleinement conscience. Je déteste que les hommes que j’aime me traitent comme une pute en prétendant m’aimer et me respecter. Comme tous les hommes que j’ai pu aimer dans ma vie ont été élevés dans cette société patriarcale, ils ont tous des comportements amoureux patriarcaux, ils me traitent tous mal. Aucun d’entre eux ne m’a respectée. Aucun. Ce n’est pas de leur faute, ils ont été élevés dans l’idée d’être des « bons pères de famille », de bons patriarches donc. Ils n’ont pas été élevés pour être des féministes. Leurs parents et la société ne leur ont pas appris à respecter et à aimer les femmes. La société et leurs parents leur ont appris à les dominer. Ils en sont tous plus ou moins infectés. Ils en ont tous plus ou moins pris conscience. Ils en souffrent tous plus ou moins gravement selon leur degré de conscience, selon leur maturité sexuelle et affective. Beaucoup voudraient bien vivre dans un monde plus équitable pour les femmes. Rares sont ceux qui ont assez de conscience, de capacités, de courage pour changer de paradigme eux-mêmes. Dans ma vie, je n’en n’ai jamais rencontré aucun. Ce qui fait que comme je suis une dépendante affective, je me lance toujours dans l’aventure amoureuse alors que je sais dès le départ que je vais m’en ramasser plein la gueule pour pas un rond. Que je vais en baver des ronds de chapeau. que je vais en chier grave. … et eux aussi… La seule différence entre moi et eux, c’est que moi, je sais que je suis une perdante dés le départ, une victime de ma dépendance, dés le départ, que je vais souffrir et que je vais les faire souffrir, dés la départ. Que tout l’amour que je pourrais faire naître chez eux pour moi n’y suffira pas à les faire changer de paradigme et de ne pas me traiter comme une pute, une esclave suceuse de bite, une servante, une maman aveuglée par son amour pour eux, une madone…mais comme une égale.

Ma dernière histoire d’amour en est la parfaite illustration.

Je viens de vivre une semaine particulièrement éprouvante pour ma santé mentale et physique ainsi que pour la santé mentale et physique de mon amoureux.

Après presque une année d’amour … et de batailles, mon amoureux, que je vais appeler « Zébulon » pour préserver son anonymat le plus possible, a décidé de mettre un terme à nos souffrances  de co-dépendants affectifs et m’a larguée comme une merde.

Mais cette fois ce fut très différent de toutes mes histoires passées.

Cette fois, nous avons, tous deux, géré la rupture avec maturité.

Nous l’avons géré avec amour et respect de l’un et de l’autre.

Et cela me donne un immense espoir.

Cela ne me laisse pas abattue et défaite.

Crevée, fourbue, exténuée, oui.

Mais pas désespérée, pas humiliée, pas dans la haine des hommes et de leurs lâchetés et de leurs égoïsmes, cela certainement pas.

Car pour la première fois de ma vie je suis tombée sur un homme qui a eu le courage de reconnaître qu’il n’était qu’un lâche et un sale égoïste. Oui, c’est paradoxal, je sais. … et j’adore les paradoxes. 🙂

Je vous propose dans les jours à venir de lire le feuilleton de cette rupture.

Car depuis le début de notre histoire d’amour, nous communiquons beaucoup lui et moi via des MP sur Facebook. Comme je suis très prolixe, que je suis même logorrhéique, soûlante, éreintante, militante acharnée, passionnée, exaltée, que je manie l’écriture avec facilité et que lui, beaucoup moins, ce sera en grosse partie des monologues. Des diatribes quand je suis en colère. Des supplications quand je suis déchirée. Et des interventions beaucoup plus mesurées de sa part.

Je vais donc, dans les jours à venir, publier ces dialogues et monologues sous forme de feuilleton sur ce blog.

J’espère que cela sera susceptible d’en intéresser quelques uns et quelques unes et d’en toucher quelques uns et quelques une, voire, de leur faire changer de paradigme.

Voici deux chansons magnifiques qui illustrent cette longue introduction à mon projet de retranscription de notre « gestion de conflit », à notre théâtre intime rempli de personnages tels que Cendrillon la suceuse de bite, Geoffrey le petit pervers narcissique, le juge, le procureur, l’avocat du diable, la mère castratrice, l’amoureux transi, le petit orphelin, la marâtre, le bon père de famille, l’employé modèle, la psychothérapeute, le conformiste, l’anarchiste, Gulliverte et le lilliputien, etc. Car, mon Zébulon et moi, nous sommes la somme de tous ces personnages qui nous habitent et nous les avons laissés s’exprimer en toute liberté pendant cette semaine. Si vous avez des notions de psychologie de base, vous devez le savoir vous-mêmes certainement.

Et je vous souhaite à tous et toutes une bonne lecture de la suite si vous êtes arrivés à me lire jusqu’ici et que cela vous donne l’envie que je l’écrive vite ! 🙂

Pour mes ami(e)s FB voici ma version « a capela » 😉 https://www.facebook.com/video.php?v=175266812655325

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3 réflexions au sujet de « Changeons de paradigme! »

    • Ma vie n’est pas un long fleuve tranquille et ce n’est pas parce que j’y bois la tasse assez souvent que le fleuve se tarit. Donc, une rupture, pour moi, n’est pas synonyme de mort, mais de changement de cap. Et comme je suis le capitaine de mon bateau, je n’abandonne jamais ceux qui veulent monter à mon bord… Mais cet article-là, n’est que la première partie de la pièce, attends la suite… 😉

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  1. Ping : Des difficultés pour une anarchiste à se faire respecter des hommes qu’elle aime et qui l’aiment pourtant eux aussi. | Caroline Huens

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