Dialogue précaire- Kakogianni, Rancière – Le Symptoma grec

« Dans cette situation que j’ai qualifiée d’intermédiaire commencent souvent les bilans et les leçons sur ce qui n’a pas marché : quelque chose semblait démarrer, mais déjà s’essouffle. Il y a cette idée qu’il nous a manqué et manque encore une théorie claire, les marches à suivre pour la construction d’un autre monde possible. D’un côté, les valets de l’ordre dominant ne perdent pas une occasion pour répéter l’inexistence d’un autre projet de société ou d’un autre programme, alors, disent-ils dans un mélange d’arrogance et de mépris : « Laissez-nous faire, nous au moins nous savons. » » et « C’est l’idée qu’il nous faut quand même, sinon un roi philosophe, au moins un père philosophe qui empêche que la jeune famille démocratique s’égare un peu, se perde dans les dédales trompeurs de ce qu’elle croit être la révolte et qui n’est que de la consommation. On retombe à mon avis sous des manières différentes, avec Marx ou avec Lacan, toujours dans la même logique, à savoir que, malgré tout, quoi qu’on fasse, il faut faire attention à ce qu’il y ait des pères qui soient là pour nous guider. Je pense qu’il est possible de dire deux choses. D’abord fondamentalement que les sages ne savent rien. Et on peut très bien dire que les sages ne savent rien sans pour autant donner raison aux sophistes. »

Fabrique de résistances

Maria Kakogianni – Il me semble que nous sommes aujourd’hui dans une situation intermédiaire. La période du grand renégat et de la « fin de l’Histoire » semble donner lieu à une nouvelle séquence de luttes populaires. On les a vues se multiplier avec un pic en 2011 (le printemps arabe, les Indignados, Occupy Wall Street, etc.). Or, à l’intérieur de cette nouvelle séquence, il semble aussi que nous sommes actuellement devant un premier essoufflement.

Sur la scène grecque ont apparu plusieurs configurations de lutte : il y a eu d’abord décembre 2008 qui a suscité tout un conflit quant à sa nomination en tant qu’émeute – cela semble moins évident que les émeutes de Londres en 2011 ou celles des banlieues parisiennes en 2005 –, puis il y a eu face aux interminables plans de sauvetage des grandes vagues de manifestations et de grèves, des occupations d’usines, enfin les mouvements des places, courant…

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