Grand-grand Tonton Elisée

Ce n’est pas facile tous les jours de se montrer digne d’une telle ascendance! 😉

http://www.homme-moderne.org/textes/classics/ereclus/jgrave.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Reclus

La mère d’Elisée Reclus :

Zéline Reclus

La famille Reclus | Huguenots en France
https://www.huguenots.fr/2010/09/la-famille-reclus/

Zéline Reclus (1805-1887)

https://lecep.presseregionaleprotestante.info/article/zeline-reclus-1805-1887-2835

Tous les mois, nous partons à la rencontre d’une femme qui a marqué l’histoire du protestantisme par son engagement, son charisme et ses idées novatrices. Éducation, théologie, santé, nous retrouvons ces femmes dans leur quotidien de foi.

La Révolution française a redonné au protestantisme français, en principe aboli depuis un siècle et longtemps durement persécuté, la liberté de conscience et de culte. Puis Napoléon lui a accordé un statut officiel en payant les pasteurs comme les prêtres. Le XIXe siècle voit donc son épanouissement en France. C’est aussi le temps où les femmes cherchent leur place et leur tâche, alors qu’elles sont toujours mineures et que la « bonne société » n’envisage pas qu’elles exercent un métier comme les hommes.

La femme dont nous allons parler, exceptionnelle à plusieurs titres, est aussi représentative du souhait de tant d’autres : être fidèle à sa vocation d’épouse et de mère, être une chrétienne avec toute l’humilité souhaitable, mais annoncer sa foi, en témoigner par sa vie entière, enfin arriver à réaliser ce dont elle était capable, sans jamais se plaindre de la difficulté ou du poids de la tâche.

Un mariage

Née à La Roche-Chalais en Dordogne, le 25 janvier 1805, dans une famille d’ancienne petite noblesse, Zéline Trigant se marie à 19 ans (en 1824) avec le pasteur de la ville, qui lui a donné des cours de latin. Jacques Reclus, de neuf ans son aîné, est de famille rurale. Pasteur concordataire, il choisira en 1831, par fidélité à ses convictions, de démissionner et de continuer son ministère dans une Église libre. En Béarn, non loin d’Orthez, à Baigts-Castétarbe, il exercera son activité de prédication, d’évangélisation et de service des pauvres. Dans cette aventure spirituelle, à la suite du pasteur Adolphe Monod, Jacques engage aussi son épouse, pas forcément d’accord, et une famille constituée déjà de plusieurs enfants. En effet, si onze enfants de ce couple deviendront adultes, il y a aussi ceux qui n’ont pas vécu – trois filles mortes petites et trois fausses couches – Zéline a été enceinte 17 fois.

Une pédagogue

Jacques est trop peu payé et très généreux. Son épouse réalise qu’il lui faut gagner de l’argent pour que le ménage puisse vivre. Elle apprend à lire à ses propres enfants et aux petites servantes, mais c’est pour nourrir la maisonnée qu’elle se met à donner des leçons particulières. Passant son brevet d’institutrice, elle ouvre, dès 1834, une petite école. Plus tard ils habitent Orthez et, titulaire d’un nouveau diplôme, Zéline devient (en 1841) l’entière responsable d’une pension pour jeunes filles. Elle y est, toute sa vie, non seulement l’enseignante dans de nombreux domaines y compris l’initiation au latin et à l’anglais, mais une vraie éducatrice. Excellente pédagogue, elle a soin de former à leur existence future les filles qui lui sont confiées : elle leur apprend aussi couture et broderie, les accompagne dans la foi. Pour ses propres enfants, elle tempère de son mieux la sévérité et la rigueur de leur père.

Une mère de famille

Des cinq fils, tous grands voyageurs, le géographe Élisée Reclus est le plus célèbre. Les quatre autres le sont aussi en ethnographie, géographie, médecine. Les deux aînés ont été un temps bannis en Suisse après la Commune. Onésime a inventé le mot francophonie. Armand a contribué au canal de Panama. Les six filles, très cultivées, ont de bonne heure pu gagner leur vie (souvent en Grande-Bretagne) comme enseignantes ou traductrices.

Zéline a connu quelques honneurs pour sa tâche. Elle s’éteint à 82 ans.

Il ne faut pas confondre Zéline avec sa nièce Pauline Reclus, qui fut une pionnière dans l’Éducation Nationale et dont notre journal a parlé en février 2018. Toutes deux méritent admiration et reconnaissance.

La petite-soeur d’Elisée Reclus :

Johanna ou Ioana Reclus (1845-1937), institutrice privée puis épouse du notaire Édouard Bouny, mère du médecin français Élisée Bouny (de) (1872-1900) qui, lorsqu’il meurt à l’âge de 28 ans, est préparateur à la Station physiologique du Collège de France sous la direction du professeur Étienne-Jules Marey, ainsi que du physicien belge François Bouny (1885-1965), élève (en 1902) puis professeur (1908) à l’École des mines de Mons (docteur en sciences physiques et mathématiques de l’Université de Gand en 1908) où il donne un cours sur la relativité en 1914, naturalisé belge en 1910, professeur à l’Université libre de Bruxelles en 1952.

Le neveu d’Elisée Reclus :

François Bouny

http://connaitrelawallonie.wallonie.be/fr/wallons-marquants/dictionnaire/bouny-francois#.YbIKAr3MLIU

Aucune description de photo disponible.

Sainte-Foy-la-Grande 16/05/1885, Watermael-Boitsfort 21/03/1965

Ingénieur, physicien, géomètre et professeur à l’École des Mines de Mons pendant 42 ans, François Bouny a marqué des générations d’ingénieurs actifs dans le développement et l’expansion de l’industrie wallonne au milieu du XXe siècle.
Originaire de Dordogne, descendante des Reclus, la famille gasconne des Bouny s’installe à Bruxelles, au milieu des années 1890, retrouvant ainsi Élisée Reclus qui s’apprêtait à enseigner la géographie comparée à l’École des Sciences sociales de l’Université libre de Bruxelles. À Bruxelles, François Bouny fréquente l’École des Petites Études, tenue par Florence de Brouckère, avant de se préparer, à l’Institut Dupuich, à des études d’ingénieur. À 20 ans, il a achevé, avec brio, sa formation à l’Institut Montefiore, et est ainsi ingénieur diplômé de l’Université de Liège. En 1908, il achève un doctorat en Sciences physiques et mathématiques à l’Université de Gand. Engagé d’abord à l’Institut Dupuich pour former ses anciens professeurs aux sciences nouvelles, Bouny accepte, en juin 1908, d’occuper la chaire de Mécanique rationnelle que lui propose l’École des Mines de Mons.
D’emblée, il apporte aux jeunes étudiants appelés à jouer un rôle dans l’industrie du Hainaut les connaissances les plus pointues de son époque, tout en faisant preuve d’humanisme scientifique. Avant la Grande Guerre, puisant dans les travaux récents de l’École française de Mathématique, il introduit dans l’enseignement de la Mécanique les bases de l’Analyse vectorielle et tensorielle, il développe la graphostatique de l’espace, il enseigne les bases de la photogrammétrie dans son cours de Géométrie descriptive, il crée un cours de Relativité, ainsi qu’une formation en Astronomie adaptée aux besoins des ingénieurs. Quant à son cours de géométrie analytique, il est d’emblée structuré en fonction des théories les plus avancées de son temps.
Pendant 42 ans, le professeur de l’École des Mines – qui a fait de l’aéronautique sa spécialité – va ainsi former une pléiade de jeunes ingénieurs et concourir à la bonne réputation de l’établissement montois, devenu Faculté polytechnique. En deux forts volumes, ses Leçons de Mécanique rationnelle témoignent de la pédagogie d’un savant averti pour qui les mathématiques sont primordiales dans la formation des ingénieurs. Doyen de la Faculté, Bouny crée, dans l’Entre-deux-Guerres, un Laboratoire de Mécanique rationnelle où, par une série d’expériences et d’appareils qu’il a mis au point, le pédagogue entend combattre le faux « bon sens » en privilégiant l’expertise scientifique. Par ailleurs, pendant de nombreuses années, par des conférences publiques, il vulgarise avec succès, au cœur du Hainaut, des théories nouvelles et parfois bien complexes (par ex. la théorie d’Einstein, conférence donnée en 1923).
Durant la Grande Guerre, François Bouny fuit la zone occupée, via les Pays-Bas et, après une longue convalescence due à une grave maladie, rejoint la France où il dirige le service électrique de la Fabrique de Poudre de Sevran jusqu’à l’Armistice ; son frère, Pierre, officier aviateur, accomplit plusieurs missions entre 1914 et 1916. Durant la Seconde Guerre mondiale, suspendu par l’occupant (1941), Bouny fait œuvre patriotique dans la clandestinité. Naturalisé belge depuis 1910, Bouny achève sa carrière à Mons, en 1950, mais, deux ans plus tard, il accepte d’assumer une brève succession en tant que professeur à l’Université libre de Bruxelles, suite au décès inopiné de son ami Émile Allard.

Les quarante années de professorat de Monsieur François Bouny à la Faculté polytechnique de Mons, Mons, octobre 1948
André JAUMOTTE et Paul GLANSDORFF, dans Biographie nationale, t. 42, col. 82-100
Christophe BRUN, Élisée Reclus, Une chronologie familiale… (1796-2014)http://raforum.info/reclus/IMG/pdf/1–_Chronologie_complete.pdf (s.v. mai 2016)

Sa bibliographie complète et la liste des instruments et appareils qu’il a conçus, cfr : Les quarante années de professorat de Monsieur François Bouny à la Faculté polytechnique de Mons, Mons, octobre 1948, p. 52-64

La femme du neveu d’Elisée Reclus :

Vera Emile TORDEUR (Sosa 11) [B 3]

Après l’Ecole des Petites Etudes (où elle eut Camille HUYSMANS et Elisée RECLUS comme professeurs) elle fit une licence en Mathématiques à l’Université de Gand. Titulaire de la médaille de la British Military Intelligence Commission 1914-1918. Préfète du lycée de Forest, elle resta en poste jusqu’à la fin de la guerre 40-45 (alors qu’elle pouvait prendre sa pension) pour éviter la prise en main du lycée par une éventuelle « collabo ». Quand les nazis demandèrent la liste des élèves juifs des écoles de Belgique, Vera TORDEUR demanda un délai qu’elle mit à profit pour répartir les jeunes filles concernées dans diverses familles d’accueil en commençant par sa propre famille.

Photo : Vera TORDEUR en 1962.

La fille du neveu d’Elisée Reclus, la petite nièce d’Elisée Reclus donc :

Elise Bouny, ma grand-mère maternelle et la 3ème femme doctoresse en médecine diplômée en Belgique.

Aucune description de photo disponible.

Préparée par sa mère et sans avoir été à l’école primaire, à huit ans elle entra au lycée de Mons où elle fit la moitié du degré secondaire en « latin-math » avant de faire une pose d’un an pour se mettre à niveau en grec, apprendre le piano et la couture, avant de conclure ses humanités en « gréco-latines ». N’ayant pas suivi les cours de néerlandais elle dut passer le jury central avant d’entrer à l’U.L.B. pour des études de médecine. Elle venait d’avoir seize ans. « Entreprendre des études de médecine, c’était assez scandaleux . Mais j’appartenais à une famille où on considérait comme normal qu’une fille étudie. J’ai donc commencé à l’ULB en 1926, et j’en suis sortie médecin en 1933 » (1).
L’héritage RECLUS poussa Elise à la lutte contre toutes les oppressions.
Installée à Tangissart, dans le Brabant wallon, avec son mari, ils y recueillirent un enfant basque chassé par la guerre civile espagnole. Sous l’occupation allemande, de nombreux juifs leur durent la vie sauve, ainsi que des résistants et des aviateurs alliés, grâce à une cache astucieuse. Ces pratiques durèrent de 40 à 44 sans anicroche bien que nul, dans le village, n’en ignorât l’existence. Rien qu’en 1942, il y aurait eu 45 juifs dont 5 bébés cachés à Tangissart. Tous étaient passés par la « Maison du Bon Dieu » !
Après le divorce, Elise entra au Ministère de la Santé publique, où elle devint responsable de la formation des paramédicaux. C’est elle qui, en Belgique, introduisit les hommes dans la profession infirmière.
Elise continua à militer pour la liberté dans le monde. C’est ainsi que, au moment de la guerre d’Algérie, sa maison à Uccle fut, un temps, un maillon parmi d’autres d’une filière d’évasion (citons LACHERAF, http://fr.wikipedia.org/wiki/Mustapha_Lacheraf -alias Miguel -, capturé avec BEN BELLA, KHIDER, AÏT AHMED et BOUDIAF).
C’est Elise BOUNY qui, en digne petite nièce d’Elie et d’Elisée RECLUS, nous a inculqué qu’aucune cause ne mérite d’y sacrifier l’humanisme.
Qu’elle en soit ici remerciée.

(1) In : Entretien avec Elise BOUNY paru dans un dossier de « Jeune Pratique » (N° 30, février 1989), consacré aux Femmes Médecins ».

Photo (± 1934) : Elise BOUNY dans les ruines de l’abbaye de Villers-la-Ville, à côté de Tangissart

L’arrière-petite-nièce d’Elisée Reclus, ma mère ❤ :

Martine Gogneaux

Née le 7 février 1938 – Baisy-Thy (Brabant)

Architecte, professeur à https://www.etudierenhainaut.be/lpeth/l-ecole/historique.html , aujourd’hui pensionnée mais toujours passionnée et passionnante! ❤

Il est fort probable que j’ajouterai ici des compléments à propos de ma famille, même si certain.e.s de ses membre.sse.s ne sont relié.e.s à Elisée reclus que par alliance.

https://www.facebook.com/%C3%89lis%C3%A9e-Reclus-24328909907

La saga des Reclus à revivre en photos

https://www.sudouest.fr/2015/03/20/la-saga-des-reclus-a-revivre-en-photos-1865146-3097.php?nic

Elisée RECLUS
La Grande Famille (French Edition) - Kindle edition by Reclus, Élisée.  Politics & Social Sciences Kindle eBooks @ Amazon.com.
Maman (Martine Gogneaux), mon frère Eric Huens, ma sœur Catherine Huens et moi la petite dernière tout en bas.

https://apnel.fr/forum/viewtopic.php?id=324

« 

NUS ET RECLUS

“Il n’est pas douteux que la peau reprend de sa vitalité et de son activité naturelles quand elle est librement exposée à l’air, à la lumière, aux phénomènes changeants du dehors. La transpiration n’est plus gênée, les fonctions de l’organe rétablies ; il redevient plus souple et plus ferme à la fois ; il ne pâlit plus comme un plante isolée privée de jour(1).” Ça, c’est le géographe et théoricien anarchiste français Elysée Reclus, qui l’écrit, au début du 20ème siècle. Ecologiste avant l’heure, il est l’un des premiers à associer naturisme et nudité. Il en fait un angle d’attaque – une belle idée finit toujours par être récupérée – pour opposer les lois de la nature aux lois sociales, avec la conviction que les modes de vies, et la mode tout court, les tabous et les hypocrisies dominant la société sont erronés. »

https://activmag.fr/tout-nu-et-tout-bronze/

https://artsandculture.google.com/exhibit/elis%C3%A9e-reclus/wQSqrT5b

Cela a pu me poser beaucoup de mésententes avec ma mère et ma soeur entre autres 😀

La nature comme œuvre d’art: Élisée Reclus et les (néo)impressionnistes

Nature as a work of art: Élisée Reclus and the (neo)impressionistsFederico Ferretti

RÉSUMÉ

Cet article interroge le rapport à l’art d’Élisée Reclus (1830-1905) et du circuit des géographes anarchistes, affectant à la fois leur approche scientifique et leur engagement politique. Par l’analyse des textes de Reclus sur l’art et des sources primaires permettant de reconstruire ses réseaux, et à l’aide de la littérature internationale portant sur ces thématiques, nous abordons une conception de l’art, de la géographie et de la politique qui envisage le monde comme œuvre d’art, à travers la métaphore apparentant l’artiste qui travaille à ses matériaux pour une finalité esthétique, au scientifique engagé qui travaille à améliorer le monde du point de vue environnemental et social, c’est-à-dire à l’embellir.

ENTRÉES D’INDEX

Mots-clés : 

Élisée ReclusPierre-Joseph Proudhonnéo-impressionnismeart socialgéographie et anarchismeéducation géographiquenaturphilosophie

PLAN

IntroductionL’art pour le peuple : inspiration proudhonienne et réseaux d’exilGlobes, plein air et philosophie de la nature : le monde comme œuvre d’artGéographie libertaire et néo-impressionnistesConclusion 

NOTES DE L’AUTEUR

Cette recherche a été financée par le Fonds National Suisse pour la recherche scientifique (FNS) dans le cadre des projets Écrire le Monde Autrement : géographes, ethnographes et orientalistes en Suisse romande, 1868-1920, des discours hétérodoxes [FNS div. 1, 2012-2015] et Géographie, éducation publique et pédagogie libertaire en Suisse et en Europe (19e-21e siècle) [FNS div. Interdisciplinaire, 2014-2017].

TEXTE INTÉGRAL

https://journals.openedition.org/belgeo/13207


L’institut des Hautes Études de Belgique naquit, conjointement avec l’Université Nouvelle, de la première contestation véritable que connut, en son sein, l’Université Libre de Bruxelles, à la fin du 19e siècle. Dès 1884, l’U.L.B. connut une longue période de crise, les progressistes mettant en cause le fonctionnement de la démocratie au sein de l’Université. En 1894, un incident vint précipiter les choses : l’affaire Reclus. Reclus joua, sans le vouloir, le rôle de détonateur à la phase ultime de cette longue crise. Élisée Reclus, géographe français de grande réputation, s’était vu décerner en 1893 le titre d’agrégé de l’U.L.B. ; il avait été invité à dispenser, dès 1894, un enseignement de “ géographie comparée ” à l’Université. Toutefois, alarmé par les écrits anarchistes de Reclus, le conseil d’administration de l’U.L.B., en sa séance du 30 décembre 1893, vota l’ajournement sine die du cours. Cette mesure provoqua des protestations et des incidents violents, dont les conséquences furent : d’abord, une scission au sein de l’Université qui aboutit à la création de l’Université Nouvelle et de l’Institut des Hautes Études où Reclus trouva sa place ; ensuite, la révision, souhaitée depuis longtemps, des statuts de l’U.L.B. et une nouvelle définition du libre examen.

Pour être reconnue comme université à part entière, l’Université Nouvelle se devait d’avoir quatre Facultés et donc de doubler les Facultés légales existantes. Mais dans l’esprit de ses fondateurs, parmi lesquels se retrouvent quelques-uns des noms les plus prestigieux au sein des disciplines scientifiques les plus diverses, un enseignement vraiment universitaire se devait d’être largement encyclopédique, d’aller au-delà des matières traditionnelles ; il convenait, aussi, qu’il puisse s’adresser au grand public. C’est dans cette optique que fut créé l’Institut des Hautes Études. Dès sa création, l’enseignement dispensé par l’Institut fut à vocation para- et supra-universitaire ; cette vocation ne s’est jamais tarie.

Après 1918, les deux Universités se réconcilièrent. L’Université Nouvelle fut dissoute. Mais sa création la plus originale et la plus importante, l’Institut des Hautes Études de Belgique, fut maintenue, l’Université Libre de Bruxelles s’engageant à lui fournir les moyens de se maintenir et de se développer. https://www2.ulb.ac.be/enseignements/iheb/index_2.html

LES AVENTURES D’ÉLISÉE RECLUS À BRUXELLES
LIEN PERMANENT : HTTPS://MONDE-LIBERTAIRE.NET/INDEX.PHP?ARTICLEN=5147
DEUXIÈME PARTIE : OÙ ÇA BARDE ENTRE LES ÉTUDIANTS ET LES VIEUX BARBONS

Dans le premier épisode, nous avons raconté comment Élisée Reclus avait été invité à occuper la chaire de Géographie comparée à l’Université Libre de Bruxelles, à l’invitation du recteur, un autre géographe, Hector Denis. Nous avons vu comment le conseil d’administration de l’université s’était dégonflée devant la perspective d’accueillir un anarchiste dans ses rangs, suite à l’attentat parisien d’Auguste Vaillant, le 9 décembre 1893. Du coup, le cours d’Élisée Reclus, qui devait commencer au début de l’année 1894 est ajourné sine die…

Avec une élégance consommée, les concernés n’ont pas jugé utile d’avertir personnellement le principal intéressé. Ce dernier apprend donc l’ajournement de son cours par les journaux. Dans un courrier du 5 janvier 1894, Élisée Reclus interpelle l’administrateur-inspecteur Charles Graux. Il s’étonne de ne pas avoir reçu un avis officiel et déplore l’absence d’explication : « Vous jugerez certainement qu’il m’importe de savoir si le retard de mes conférences a été décidé pour des motifs qui indiquent un blâme contre moi ou pour. des raisons absolument étrangères à ma personne. »1 Piteusement, la réponse de Graux s’apparente à un déballonnement de bon bourgeois craignant des troubles à l’ordre public dans une institution plaçant désormais l’audace et le liberté bien au-dessous de la respectabilité et du conformisme : « Les cours consacrés à l’enseignement des sciences sociales sont maintenant ouverts au public. On exige de ceux qui y assistent ni inscription ni carte d’entrée. Le vôtre réunirait assurément des auditeurs en très grand nombre et, dans les circonstances actuelles, il pourrait se mêler à la foule attirée par votre science et votre renommée, des groupes qui se livreraient à des manifestations sympathiques ou hostiles inspirées par des mobiles étrangers à vos leçons. Pour éviter des faits de ce genre, qui porteraient atteinte à la fois à la dignité de votre enseignement et à l’ordre d’une institution exclusivement consacrée à la science, le Conseil d’Administration a pris la décision que j’ai l’honneur de vous faire connaître. »

Parmi les membres du corps enseignant et dans les rangs des étudiants, il se trouve peu d’anarchistes, à proprement parler. Mais on voit se lever, parmi les libéraux progressistes et les socialistes (ces derniers en pleine ascension politique depuis la création du Parti Ouvrier Belge en 1884), toute une faction pour qui il n’est pire injure à la libre-pensée que d’interdire à quelqu’un d’enseigner en raison de ses convictions. Et ce tant parmi les étudiants que parmi les enseignants. Anarchiste, Reclus ? Soit, mais c’est le géographe qui a été invité à occuper la chaire de géographie comparée. Lui refuser d’entrer en fonction, c’est la pire atteinte qui puisse être faite à la liberté de penser qui est censée être le fleuron de l’université “libre” de Bruxelles. C’est, au fond, ne pas faire mieux que les cathos, les parangons du dogmatisme contre lesquels toute la faction laïque du jeune royaume a prétendu fonder son existence… Paradoxalement, les plus ardents avocats de la cause d’Élisée Reclus ne sont donc pas des anarchistes, mais des socialistes, comme Edmond Picard et Emile Vandervelde, et des libéraux, comme Paul Janson.
https://www.monde-libertaire.fr/?article=Les_aventures_dElisee_Reclus_a_Bruxelles
À

À propos du végétarisme
Élisée Reclus

Résumé

Ce texte de 1901 d’Élisée Reclus raconte les circonstances par lesquelles il est devenu végétarien. Au début du texte, le géographe revient clairement sur le souvenir d’enfance qui déterminera son choix : « Je me rappelle distinctement l’horreur du sang versé. » Le choc de voir des animaux abattus par des bouchers le bouleverse et Reclus dès lors se convertira aux orientations végétariennes. Reclus n’est pas le premier intellectuel à revoir son régime alimentaire. D’autres avant lui avaient exprimé des tendances dans ce sens : Voltaire, Rousseau, Linné, Lamartine, Michelet… De toute sa vie, Reclus n’avala pas un morceau de viande ou de poisson. Il s’alimentait de fruits, de légumes et de biscuits. Ses arguments en faveur d’un tel régime relèvent de raisons personnelles. Au moment où le végétarisme rencontre un fort écho, ceux d’Élisée Reclus méritent d’être entendus. Ce texte est précédé par un autre article de 1898 consacré aux animaux : « La grande famille », dans lequel une fois de plus Reclus se montre visionnaire.

Élisée Reclus, de son nom complet Jacques Élisée Reclus, né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) le 15 mars 1830 et mort à Torhout en Belgique le 4 juillet 1905, est un géographe et militant anarchiste français. Citoyen du monde avant l’heure, précurseur de la géographie sociale, de la géopolitique, de la géohistoire et de l’écologie, ses ouvrages majeurs sont La Terre, sa Géographie universelle et L’Homme et la Terre, ainsi que Histoire d’un ruisseau et Histoire d’une montagne. Il est l’oncle d’Élie Faure. De lui, les éditions Bartillat ont publié Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes (2019) avec une préface d’Annie Le Brun.

https://www.editions-bartillat.fr/fiche-livre.php?Clef=513

https://artsandculture.google.com/exhibit/elis%C3%A9e-reclus/wQSqrT5b

Une réflexion au sujet de « Grand-grand Tonton Elisée »

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