LE MYTHE DU PAPA-POULE, ou le cache-sexe du désengagement paternel

« Les situations de garde alternée empêchent en fait toute rupture effective avec un ex abusif: les va-et-vient de l’enfant entre son père et sa mère forcent celle-ci à se retrouver plusieurs fois par semaine en contact physique ou virtuel avec l’homme qu’elle ne veut plus revoir, dont elle a divorcé précisément pour qu’il disparaisse de sa vie. Ces contacts réactivent et répètent les traumas subis durant leur vie de couple, et le coût sur la santé psychologique des mères est considérable. En fait, cette remise en contact forcé de femmes victimes de violences physiques et/ou psychologiques avec leur agresseur s’apparente à une sadisation perverse des mères par la justice, et rappelle, au cas où on l’aurait oublié, que bien que la notion légale de “puissance paternelle” ait été officiellement abolie, le système judiciaire, pour ce qui est des affaires familiales, est toujours de facto régi par la loi des pères.
Enfin, dans ces situations de « séparations hautement conflictuelles », le père instrumentalise l’enfant pour continuer à tyranniser et persécuter la mère–et ce bien au-delà du divorce. La mère se trouve engagée avec lui dans une guerre d’usure où tous les procédés sont utilisés pour que sa vie reste sous l’emprise de son compagnon et continue à se dérouler –comme pendant leur vie de couple–sur le mode d’une suradaptation permanente à ses comportements dominateurs et violents. Tout ce qui concerne l’enfant devient prétexte à affrontements qui permettent au père de réaffirmer son autorité: la vie scolaire de l’enfant, ses activités sportives et culturelles, ses vêtements et ses affaires de classe, ses fréquentations, etc. Toute l’énergie mentale de la mère doit alors être investie pour se protéger de ce harcèlement paternel constant et déjouer les pièges qui lui sont tendus par son ex.
Plus grave encore, des pères maltraitent l’enfant pour se venger de leur ex-femme; certains allant jusqu’au meurtre. Le cas d’enfants tués par leur père suite à une situation conflictuelle avec la mère–ou même si la mère a la garde exclusive, pour ne pas payer la pension– est habituellement qualifié de “drame familial” dans les médias. Mais bien que des pédopsychiatres (Gérard Lopez) estiment le nombre d’infanticides à deux par jour en France, il est impossible de trouver des statistiques officielles sur le pourcentage de ces infanticides commis par des hommes. Et quand la mère se résout à déposer une plainte en justice suite à des violences du père sur l’enfant (ou que son ex la poursuit pour non-présentation d’enfant), sa vie devient totalement judiciarisée et se trouve dévorée par une série de formalités à accomplir sans cesse renouvelées –avocats, expertises, confrontations, témoignages, audiences, etc.
On constate que face à la diminution de l’autorité masculine dans la famille résultant des avancées féministes, les hommes ont trouvé la parade: : tenir la mère par l’enfant. Celui-ci est assigné au rôle de garde-chiourme involontaire de la prison dans laquelle le système patriarcal cherche à maintenir les femmes parce que c’est lui qui permet que le contact du père avec la mère ne soit jamais rompu, et qu’en conséquence le contrôle marital auquel elle a cru se soustraire en divorçant se perpétue des décennies après la séparation.
L’enfant devient ainsi un élément essentiel dans le dispositif patriarcal qui assure que les femmes divorcées ne puissent jamais s’émanciper de toute autorité masculine. Tandis qu’il est tiré à hue et à dia entre son père et sa mère, sans aucune considération pour son bien-être, l’enfant devient le moyen imparable qui permet au père de restaurer son autorité maritale battue en brèche.
Et si le harcèlement échoue, il reste au père l’option de restaurer cette autorité patriarcale en recourant à deux stratégies radicales: désenfanter la mère avec l’appui de la justice (resuscitant ainsi le droit archaïque qui faisait des enfants la propriété du père puisqu’ils lui revenaient en cas de divorce, ce qui est encore le cas dans certains pays). Ou recourir à la manifestation la plus absolue du pouvoir du pater familias: tuer l’enfant et récupérer ainsi la totalité du pouvoir patriarcal archaïque en réactivant le droit ancestral de vie et de mort des pères sur leur famille.
Le mariage traditionnel fonctionnait sur le schéma économique de l’esclavage (il est d’ailleurs probable que c’est le schéma du mariage qui a servi de modèle à celui de l’esclavage) : entretien matériel contre appropriation du travail et du corps de l’esclave. Mais grâce à la double journée des femmes et au désengagement financier des pères, les hommes modernes se retrouvent ainsi à peu près dans la situation idéale d’un propriétaire d’esclaves qui continuerait à s’approprier le travail de ses esclaves– mais n’aurait plus à payer pour leur entretien. Pourtant, très peu de féministes ont même identifié cette nouvelle configuration des relations hommes-femmes, extrêmement avantageuse pour ceux-ci. C’est comme si les hommes avaient dit aux femmes : « vous voulez travailler et être indépendantes ? Soit mais ne comptez plus sur nous pour financer l’entretien des enfants ». Qui a gagné dans cette évolution ? Le système patriarcal a-t-il régressé—ou a-t-il- simplement muté en inversant à son profit des évolutions a priori favorables aux femmes ? »

Révolution Féministe

Par Francine Sporenda

Francine Sporenda a étudié en licence et maîtrise à l’université Paris 3. Après un passage dans le journalisme, elle a repris ses études aux Etats-Unis pour un Master et un Ph.D.(doctorat), avec une spécialisation en histoire des idées politiques. Franco-américaine, elle a enseigné comme maître de conférences à l’école de sciences politiques de la Johns Hopkins University. 

Le papa-poule, nouvelle icône médiatique : dans la presse people, dans les pubs, on voit ces photos attendrissantes : des hommes jeunes, exhibant tous les signes extérieurs de virilité—barbe, biceps, pectoraux—tiennent dans leurs bras un nouveau-né, peau contre peau, dans une pose de vierge à l’enfant jusqu’ici exclusivement féminine.

On nous affirme que les jeunes pères font désormais tout ce que font les mères, que changer les couches et donner le biberon n’ont plus de secret pour eux, que ce sont eux qui se lèvent la nuit si leur bébé pleure. On…

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Rebelles du genre – Épisode 42 – Clara

Rebelles du Genre

Je m’appelle Clara, j’ai 43 ans, j’habite en région parisienne, à Bagnolet plus précisément. Je suis la maman de deux enfants, dont un petit garçon qui a 10 ans, et une plus grande fille qui va bientôt avoir 15 ans. Et justement, c’est cette fille qui se disait trans jusqu’à peu. Donc c’est pour cela que je voudrais témoigner aujourd’hui.

Clara – Ma fille, c’est l’exemple type qui est illustré dans le livre qui s’appelle “La fabrique de l’enfant transgenre” de Céline Masson et de Caroline Eliacheff.

Tout a débuté lors du confinement en 2019. Ma fille s’est réfugiée derrière les écrans, les réseaux sociaux, et en parallèle, elle a été victime de harcèlement scolaire (chose que je ne savais pas à l’époque).

Donc elle avait quand même des troubles anxieux, et s’est réfugiée sur Instagram, Tik Tok.

Et au début, elle parlait de ses passions, à savoir : les…

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Vouloir que les hommes comprennent, cette entrave à nos luttes.

Morceau de texte d’un blog disparu:

« Nous consacrons de l’énergie et du temps à ce qu’ils comprennent. Et nous nous sentons obligées de nous justifier auprès d’eux, pour les rassurer sur le fait qu’on les aime.

Ça ne fonctionne pas. Ou alors à titre individuel, de façon ponctuelle. Jamais pour longtemps. La pédagogie a ses limites.

Nous sommes conditionnées à être approuvées, validées par les hommes et le fait est que nous avons du mal à agir “contre” eux en tant que groupe social sans qu’ils nous aient implicitement autorisées à le faire.

En parallèle, nous sommes souvent persuadées que nous obtiendrons de meilleurs résultats, plus sains, plus profondément efficaces, si nous faisons preuve de bienveillance et de patience, si nous engageons et maintenons un dialogue constructif, pour que les choses avancent.

Un peu comme avec les enfants et les chiens (l’analogie a l’air horrible balancée comme ça mais respirez à fond, je vais dérouler mon raisonnement et ce n’est pas si épouvantable que ça) ; en effet, actuellement il ne nous viendrait plus à l’idée d’éduquer un enfant en obtenant des choses de lui par la contrainte, la violence ou la peur. Nous pratiquons une éducation bienveillante, dite “éducation positive”. De même avec un chien : bien sûr qu’on peut obtenir que le chien obéisse en lui collant une trempe, mais c’est horrible. Nous, ce que nous voulons, c’est que notre chien soit épanoui et retienne au mieux quelques comportements positifs simples, le plus souvent destinés à assurer sa propre sécurité, comme par exemple le fait de ne pas sauter comme un foufou à l’extérieur de la voiture quand on ouvre la portière, car cela peut être dangereux pour lui.

Alors pourquoi n’accorderait-on pas aux hommes les mêmes égards, la même bienveillance, la même pédagogie positive ? Pourquoi ne pas considérer que l’homme, s’il est certes un ennemi politique en tant que groupe, n’en est pas moins un possible allié parfaitement apte à saisir en quoi, pourquoi et comment ses paroles harceleuses, ses regards lourds, sa main sur le cul de ses petites camarades ou son insistance à obtenir d’une femme qu’elle admette qu’elle en a quand même envie et qu’elle la mette entre ses cuisses ou dans sa bouche, cette amicale et turgescente bite, constitue quand même un problème de taille (comme sa bite, voilà, vous l’avez).

Pourquoi ne ferait-on pas preuve de pédagogie, hein ? Pourquoi abandonnerions-nous l’idée qu’ils peuvent et devraient comprendre pour que les choses avancent ? Pourquoi ce n’est pas pareil qu’avec les enfants et les chiens ?

Ce n’est pas pareil parce que quand on parle d’éduquer un enfant ou un chien, on parle de bienveillance à l’égard d’un groupe socialement dominé. Quand on parle de pédagogie à l’égard des hommes, on parle de bienveillance à l’égard d’un groupe dominant. »

Je n’aime plus les hommes

Encore un blog que j’aimais beaucoup disparu du net et dont je n’ai plus que des morceaux d’articles. Je vais tenter de les retrouver tous et de les publier ici :

« Je n’ai plus de patience. Et je n’aime pas les hommes, en fait. Je ne les aime plus. J’en ai fini de les aimer pour qu’ils se sentent bien, rassurés, confortablement vautrés dans le luxe de leurs doutes superflus et de leurs questionnements inutiles.

Je ne les aime pas parce que concrètement, c’est quand même très difficile de les aimer, les hommes. Et en écrivant ceci, je me pose une question cruciale : qu’est-ce que ça peut foutre, que je n’aime pas les hommes ? Qu’est-ce que ça peut bien foutre d’admettre clairement que non, les hommes, je n’en raffole pas plus que ça, parce que quand même, la plupart du temps ils font gravement chier.

Je serai une mauvaise féministe ? Je serai une féministe qui, bof, enfin de toute façon celle-là elle ne peut pas blairer les mecs, alors bon ? Nous sommes toutes, à un moment ou un autre, de mauvaises féministes, de mauvaises filles, et quoi que je fasse les clichés ont la vie dure : il y a toujours un moment où je serai qualifiée d’hystérique, de mal baisée, de connasse qui va trop loin, un moment où je serai accusée d’avoir foutu la merde, d’être intellectuellement malhonnête, et on me reprochera de ne pas pouvoir discuter avec moi, etc etc. Alors dans tout ça, pourquoi est-ce que j’irais m’emmerder et gaspiller une énergie et un temps précieux à convaincre les hommes que je les aime, et à m’en persuader moi-même, quand dans les faits je ne désire qu’une chose, c’est détruire le système sur lequel reposent les privilèges avec lesquels ils me piétinent ? Je ne les aime pas parce que rien de ce qu’ils ont importé dans mon existence ne m’a jamais facilité quoi que ce soit.

Je ne les aime pas et ça ne me dérange pas. Ce n’est pas un élément nouveau qui viendrait s’ajouter à ma réflexion féministe et en réduirait la légitimité, c’est un constat qui a émergé naturellement au fil du temps, et je ne vois vraiment pas où est le problème avec ça. C’est même plutôt rassurant, en terme de bon sens : après tout, ne serais-je pas mal avisée d’aimer par défaut des gens qui n’ont absolument rien fait pour le mériter, bien au contraire ?

Encore, les hommes qui n’y connaissent rien au féminisme, qui s’en foutent, qui ne se sont pas posés la question, ça va. Je les supporte. Les vieux aussi, je les aime bien : ils sont horriblement sexistes, oppressifs, ont des prises de position épouvantables, mais le monde de demain ce ne sera pas eux. Ils vont mourir bientôt, alors je me fiche bien de mener auprès d’eux une lutte féministe. Ils crèveront avant que j’aie raccroché les gants : me battre contre eux ne présente aucun intérêt pour le monde dans lequel vivra ma fille.

En revanche, les hommes « pro-féministes », les « déconstruits » du (pa)patriarcat, les checkeurs de privilèges, avec eux j’ai vraiment du mal. Qu’est-ce qu’ils sont cons ma parole. Et qu’est-ce qu’on prend des précautions pour le dire ! C’est devenu une espèce de tabou en pleine croissance, le fait de se farcir ces emmerdeurs hypocrites avec le sourire. Alors que nous sommes beaucoup à ne vraiment pas pouvoir les blairer.

Globalement, j’ai donc fait la paix avec cette incontournable vérité, qui s’est progressivement imposée à moi : non, je n’ai aucune obligation à prétendre que j’aime les hommes, ni en tant que femme, ni en tant que femme féministe. Et je ne vois pas où est le problème. Et je crois que je suis loin d’être la seule. C’est juste assez difficile à formuler, et à assumer ensuite, en plus de tout ce qu’on est déjà obligées d’assumer.

Mon amour convenu pour les hommes m’a tenue en laisse pendant des années. Ne plus me sentir obligée de les aimer, et ne plus me sentir discréditée par ce constat, m’a libérée.

«

Les impacts de la division sexuelle sur l’horloge des jours

Il faut que je me ré-abonne!

Entre les lignes entre les mots

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«C’est l’éternel come-back. Le mauvais film qui repasse en début d’été et qui sent le papier imprimé. Sur l’affiche s’étalent comme de la crème solaire trop blanche les injonctions estivales à «ralentir», à «prendre son temps»».Dans son éditorial, «Autant en emporte le temps», Sabine Panet interroge: «Qui peut «dégager» du temps comme on dégage d’un coup de pied nonchalant un ballon qui nous percute?». L’éditorialiste parle de l’horloge des femmes pleine à craquer, des tic-tac des inégalités, des invisibles, de celles qui courent après leur vie, des tic-tacs qui ne s’arrêtent jamais ou si peu, de celles et ceux qui comptent les jours, «C’est le tic-tac goutte-à-goutte des femmes et des hommes sans papiers qui attendent une réponse favorable à leur demande de titre de séjour. Les une et les autres ne vivent pas dans le temps irréel et privilégié de certains…

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Profites tu de privilèges masculins?

J’en ai quelques-uns en tête et cela vaut pour la Belgique et la France et pas mal d’autres pays d’Europe. 1. Si tu as trop chaud, tu peux te mettre torse-nu dans un parc, dans la rue et dans beaucoup d’autres endroits publics sans te faire arrêter pour exhibitionnisme. 2. Quand tu vas à la piscine, tu peux également être torse-nu et tu ne te sens pas obligé de t’épiler les mollets, les aisselles et le contour de ton entre-jambe. 3. Quand tu parles de l’éducation que tu donnes à tes enfants, tout le monde te félicite même si tu t’investis bien moins que leur mère vis-à-vis d’elleux. Pareil quand tu vas seul au parc avec eux. 4. Tu peux t’attendre également à être félicité dès que tu accomplis une tâche ménagère, quand tu as un intérieur soigné et joliment décoré (même si tu es célibataire et sans enfants) que tu prépares un repas pour tes invités, que tu repasses tes chemises, etc. Toutes situations qui sont considérées « normales » pour une femme et pas spécialement remarquées. 5. Si tu es hétéro, tu sais que tu pourras compter sur tes partenaires sexuelles pour prendre la contraception entièrement à leur charge et ne pas te préoccuper d’acheter des préservatifs ou de faire une vasectomie. 6. Tu peux te trouver facilement des slips/caleçons/boxers sexy qui ne te coûtent pas une blinde. 7. Tu peux porter des vêtements confortables et super pratiques, peu onéreux sans avoir l’air d’un « vieux garçon » ou que l’on te dise que tu t’es habillé « comme un épouvantail ». 8. Si tu divorces, tu as peu de probabilité de basculer dans la pauvreté. https://www.insee.fr/fr/statistiques/4774341 9. Si tu as une maladie grave il est moins probable que ta compagne te quitte, alors que c’est l’inverse si c’est ta compagne qui tombe malade. « Ainsi, après l’annonce d’un cancer, le taux de séparation des patients en couple est de 20,8 % lorsque c’est la femme qui est malade, et tombe à 2,9 % dans la situation inverse. Une femme en couple a ainsi six fois plus de risques d’être quittée par son conjoint après diagnostic qu’un homme dans la même situation. » https://www.lesinrocks.com/actu/une-femme-6-fois-plus-de-risque-detre-quittee-lannonce-dun-cancer-quun-homme-129007-04-01-2018/ 10. Tu peux dire à tes ami.es que tu fais du « baby-sitting » avec tes propres enfants sans que personne ne te traite de père indigne ou de crétin des alpages. 11. Tu peux faire des blagues misogynes sans trop de problèmes. Les femmes savent ce qu’elles risquent quand elles font des blagues misandres. 12. Tu peux plagier ou t’approprier le travail d’une femme ou une partie importante de son travail, peu de gens s’en apercevront et la femme plagiée aura toutes les difficultés du monde à obtenir justice pour ça. C’est même le comble que tous les travaux les plus prestigieux et les plus connus sur le féminisme et la domination masculine soient des « oeuvres » d’hommes et non de femmes. http://1libertaire.free.fr/DiscussionBourdieu.html https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Domination_masculine_(film) https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20180613.OBS8107/plagiats-en-serie-l-homme-qui-aimait-trop-les-feministes.html Les exemples pour les travaux de grandes scientifiques, de grandes artistes et de grandes autrices sont bien trop nombreux pour ne pas les trouver facilement sur le net et dans les librairies au rayon « féminisme » aujourd’hui. Mais de nombreuses femmes continuent d’en retrouver de nouvelles années après années cependant. 13. Tu as moins de probabilité d’avoir des problèmes de santé mentale liés à ton sexe qu’une femme. Tu iras moins volontiers consulter de toi-même un.e spécialiste si tu as des problèmes et l’on te dira moins d’aller consulter un.e spécialiste si cela « ennuie » ton entourage. 14. Si tu te plains de quoi que ce soit, il y aura beaucoup de gens prêts à t’écouter, te croire, te soutenir, prendre ta défense, etc. 15. Si une femme se plaint de toi, tu auras également beaucoup plus de soutiens qu’elle, même si tu es réellement coupable de ce dont elle t’accuse, d’autant plus si elle t’accuse de faits graves à son encontre. 16. La médecine en général a beaucoup plus tes intérêts à coeur que ceux des femmes. ex : l’invention du viagra, la non-commercialisation de la pilule pour hommes, de la contraception thermique pour les hommes, peu de campagne pour la vasectomie, disparition pendant plus d’un siècle du mot « clitoris » des manuels de médecine et des cours d’éducation sexuelle pour les adolescent.es, etc.

Mon voyage féministe

Profites-tu de privilèges masculins? Bon, si tu es une femme, il est très probable que tu n’en profites pas. Cependant si tu es un homme, il est très probable que tu en bénéficies.

La liste originale a été créée par Peggy McIntosh démontrant les privilèges d’être blanc.  Plusieurs ont ensuite utilisé cette liste pour en créer une sur les privilèges d’être un homme. Ce genre de liste aide à voir concrètement les privilèges auxquels on bénéficie (ou au contraire, dont on ne bénéficie pas) en raison de notre statut; que ce soit de sexe, orientation sexuelle, classe, race… Selon moi, c’est un exercice important pour toute personne bénéficiant de privilèges car souvent on ne s’en rend pas compte. got-privilege

Cette liste n’a que pour but de démontrer les privilèges attribués aux hommes. Cependant, le plus grand privilège est de ne jamais devoir admettre ou penser à ces privilèges. Ils sont gratuits…

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Il a choisi le porno plutôt que moi : des femmes blessées par des hommes qui utilisent du porno ( « He Chose Porn over Me » de Melinda Chope Reist )

Brisant le mythe populaire selon lequel le porno est inoffensif, les récits personnels de 25 femmes courageuses dans He Chose Porn over Me révèlent le traumatisme réel subi par les femmes aux mains de leurs partenaires consommateurs de porno – des hommes censés prendre soin d’elles.

Ce livre confrontant mais nécessaire ose dire la vérité sur l’impact destructeur de la pornographie – sur les hommes qui l’utilisent habituellement et sur les femmes et les enfants qui sont maltraités et rejetés en conséquence.

Les femmes de ce livre étaient des dommages collatéraux dans l’avidité insatiable de leur partenaire pour le porno. Leurs histoires racontent l’écrasement de l’intimité, du respect, de la connexion, de l’amour. Le porno a colonisé leurs familles, laissant les femmes rejetées et marquées. Elles ont été victimes de terrorisme sexuel chez elles. Les hommes, turbocompressés par la pornographie, étaient intoxiqués par le pouvoir sexualisé. Ils s’en fichaient de tout perdre, y compris leurs partenaires.

Dans cet exposé obsédant, la pornographie est à juste titre présentée comme un outil insidieux de violence contre les femmes.

Les contributrices, travaillant maintenant à reconstruire leur vie, ont trouvé une confidente en Melinda Tankard Reist qui les a soutenues dans le partage de leurs expériences dans ces pages, et pour avertir les autres femmes – ne sortez pas avec des hommes qui utilisent du porno…

Il a préféré le porno à moi. Le porno a tué mon mariage. Cela a tué ma confiance. Cela a détruit mon sens de moi-même et ma compréhension de la véritable intimité.

—Courtney

Tant que la pornographie existera, nous n’aurons aucune chance de créer un monde juste et équitable.

—Carla

J’étais préparée pour devenir une star du porno dans la chambre.

—Maggie

Il m’a utilisé comme une poupée gonflable.

-Florence

« Enfin, nous voyons avec des yeux clairs que la pornographie est une machine à misère mondiale. Pour ceux dont les corps sont détruits dans sa fabrication, et ceux dont les cœurs sont détruits dans sa consommation. Mais que se passe-t-il si les pires effets sont sur les partenaires des hommes pour qui le porno a remplacé et redéfini ce qu’est l’amour ? Comme nous l’avons découvert tardivement avec les abus sexuels sur les enfants et la violence familiale, quelqu’un que vous connaissez est susceptible de vivre déjà cette tragédie. Ce livre pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, mais il fait exploser quelque chose dont nous devons parler. Les femmes et les hommes ont besoin de connaître les signes avant-coureurs, et qu’ils n’ont pas à se retrouver là. »
— Steve Biddulph, auteur à succès de Raising Boys, Raising Girls and Manhood , activiste et psychologue

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STOP à la « présomption d’innocence », OUI à la présomption de culpabilité! Apprenez à encourager la colère des femmes non à la réprimer en les diffamant par une procédure-bâillon!

Voici deux publications de femmes talentueuses et courageuses que je vous invite à suivre sur les réseaux sociaux. Je vais copier-coller un fil de discussion sur Twitter d’une juriste https://twitter.com/Lawphilisee et deux autrices https://www.instagram.com/ilsabusentgrave/ 2 liens vers une BD sur les 2 mêmes sujets qui reviennent en boucle dans les affaires des violences sexuelles et/ou conjugales. #Metoo #Metooinceste , etc.

« 1/ Aujourd’hui c’était encore un festival de « présomption d’innocence » à tort et à travers, comme pour chaque affaire de viol. Tuto : comment on se sert de la présomption d’innocence ? Pourquoi elle ne s’applique pas en ce moment à Léo Grasset ? A bons entendeurs. Thread

2/ On commence par les sources : plusieurs textes font référence à la présomption d’innocence, notamment l’article 9-1 du code civil et l’article préliminaire du code de procédure pénale. La CEDH, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen y font aussi référence.

3/ On continue avec la définition : Le manquement à la présomption d’innocence « consiste à présenter publiquement comme coupable, avant condamnation, une personne poursuivie pénalement » (1ère civ. 6 mars 1996, n° 93-20.478).

4/ La présomption d’innocence a deux csqces : – le ministère public doit prouver la culpabilité d’une personne (ce n’est pas à elle de prouver son innocence) – la personne a le droit de ne pas être déclarée coupable avant condamnation, et peut être indemnisée si c’est le cas.

5/ Premier point fondamental : la présomption d’innocence concerne les personnes poursuivies pénalement. Donc s’il n’y a pas de poursuite engagées par le ministère public, il n’y a pas de présomption d’innocence. Vous doutez ? Allez lire cette décision :

https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000045267091/

6/ Donc le premier truc à mettre au clair : si la personne n’est pas poursuivie, on ne parle pas de présomption d’innocence. Vous me voyez venir ? Arrêtez. de. dire. que Léo Grasset est protégé par la présomption d’innocence. C’est juste faux. Au mieux un abus de langage.

7/ Et quand il y a poursuite, la présomption d’innocence n’est pas un totem d’immunité. Il est toujours possible d’écrire des articles, de commenter, de diffuser des informations, etc. La précaution à prendre : ne pas affirmer que X et coupable de telle infraction.

7bis/ La présomption d’innocence est un principe absolument fondamental de la procédure pénale. Et il faut vraiment veiller à le respecter. Seulement, il ne faut pas lui faire porter ce qu’il ne porte pas.

8/ Maintenant que c’est dit, il y a qd même des droits qui protègent les personnes non-poursuivies. Particulièrement une infraction : la diffamation (+ la dénonciation calomnieuse pour les victimes) + tout ce qui relève de l’injure et du harcèlement, etc.

9/ La diffamation c’est : une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur et à la considération d’une personne ». Typiquement, rapporter qu’une personne a violé ou peut-être violé des personnes peut porter atteinte à son honneur.

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000030743290/1881-07-29#:~:text=Toute%20all%C3%A9gation%20ou%20imputation%20d,aucun%20fait%2C%20est%20une%20injure

10/ La diffamation peut être constituée que les faits rapportés soient vrais ou faux. C’est une infraction un peu particulière car elle s’articule avec la liberté d’expression. Il y a donc PLEIN de cas où les allégations et imputations sont justifiées et la diffamation écartée.

11/ Aussi, avant de crier à la diffamation dès qu’une victime s’exprime ou que des informations sont relayées, il serait bon de prendre en compte l’ensemble des droits. Par exemple la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées.

12/ Autre exemple, dans l’affaire Mamère c/ France, portée devant la CEDH en 2011, la Cour avait clairement énoncé, face à un recours en diffamation « la valeur éminente de la liberté d’expression, surtout quand il s’agit d’un débat d’intérêt général ».

13/ DONC : la présomption d’innocence, ça marche que s’il y a des poursuites sinon → diffamation. La diffamation sanctionne des propos qui portent atteintes à l’honneur et à la dignité des personnes, mais elle ne sera pas retenue si les propos sont *justifiés*.

14/ Avec la diffamation, pour juger si un propos est justifié ou non, on recherche si l’auteur de ces propos est de « bonne foi ». On a une décision récente qui rappelle ce qu’est la bonne foi dans une affaire MeToo.

https://www.courdecassation.fr/decision/627b53604d359c057dd01cd2

15/ La bonne foi suppose ainsi la réunion de 4 éléments : « la légitimité du but poursuivi, l’absence d’animosité personnelle, la prudence et la mesure dans l’expression, ainsi que l’existence d’une enquête sérieuse – ou d’une base factuelle suffisante ».

16/ Forcément, le juge appréciera les faits souverainement. Mais avant de crier à la diffamation, vous devriez tous réfléchir à si ces 4 éléments ne sont pas réunis. Cas pratique avec l’affaire soulevée par Médiapart :

17/ 1. Légitimité du but poursuivi : la justice a déjà reconnu que des dénonciations de violences sexuelles peuvent s’inscrire dans « un débat d’intérêt consécutif à la parole des femmes à la suite de l’affaire X ». On est ici dans un contexte similaire.

18/ 2. Base factuelle suffisante : on a pas besoin de condamnation pénale, juste d’une enquête sérieuse. Ici, on a de multiples témoignages, des textes qui se recoupent, bref une enquête super sérieuse. Ce qui n’était pas le cas de l’article du Point sur Guarrido et Corbière.

19/ Maintenant, l’animosité, la prudence et la mesure dans l’expression. Il faut distinguer le travail des journalistes, les victimes et les tiers.

20/ Pour les victimes, on a une décision : si les propos « s’inscrivent dans un débat d’intérêt général et reposent sur une base factuelle suffisante [il convient] d’apprécier moins strictement (…) l’absence d’animosité personnelle et la prudence dans l’expression » (21-16.497).

21/ Ici les victimes sont ultra calmes, mais c’est bon à savoir. Pour les journalistes et tiers : je ne sais pas si la jurisprudence ci-dessus s’applique. Mais concernant Médiapart, leur travail apparaît quand même assez carré.

24/ On peut aussi préciser qu’accuser une victime de diffamation lorsqu’elle s’exprime, c’est aussi possiblement la diffamer elle, juridiquement. Dans tous les cas, ces notions juridiques n’empêchent JAMAIS de choisir de croire les victimes qui s’expriment.

25/ Par ailleurs la présomption d’innocence, la diffamation, st des concepts juridiques qui prennent en compte les considérations d’intérêt général, comme la libération de la parole. Ça ne veut pas dire qu’on peut tout dire et tout faire, accuser n’importe qui de n’importe quoi.

26/ Mais ça veut dire que se jeter sur toute personne qui relaie une enquête sérieuse, émet des soupçons, s’interroge, dénonce ou fait part de son ressenti, en brandissant la présomption d’innocence et la diffamation témoigne surtout de votre incompréhension du sujet.

27/ C’est de plus quelque chose de néfaste pour les victimes de violences sexuelles, qui participe à leur silenciation. Voilà ! Ce thread est terminé ! J’espère que vous y aurez appris des choses et trouvé des outils. Si vous avez des questions/remarques n’hésitez pas. A+ !

J’ai oublié de l’expliciter, j’étais plongée dans mes trucs de droit. Mais il me paraît très important de déclarer fermement mon soutien à toutes les victimes, celles qui prennent la parole et celles qui se taisent, hier, aujourd’hui, demain, à l’occasion de ce thread. Soutien

✊

ERRATUM important ! Quand je parle de « personne poursuivie » c’est beaucoup trop imprécis. Les personnes suspectes ou mises en cause à l’occasion d’une procédure pénale (garde à vue et mis en examen) sont aussi concernées. Merci Matthieu.

Pour une appréciation plus juste du champ d’application du principe de la présomption d’innocence, deux tweets. Celui-ci :

Et celui là :

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/04/27/la-commission-europeenne-veut-proteger-les-journalistes-lanceurs-d-alerte-et-autres-activistes-contre-les-procedures-baillons_6123932_3234.html

MASCULINITE HEGEMONIQUE ET DESTRUCTION DU VIVANT

« Certains insistent sur les différences : l’accumulation primitive, la société marchande, le capitalisme salarial, le capitalisme néo-libéral… Je préfère voir les continuités et similitudes du projet patriarcal. Son évolution est arythmique, a connu des crises et des régressions, mais jamais il ne s’est si bien porté. On ne peut pas séparer le patriarcat de la civilisation, de l’État, du capitalisme, des techniques autoritaires, de l’écocide et du projet transhumaniste. Les recherches archéologiques sur les premières monnaies frappées ont permis de rendre compte de leur rôle dans l’appropriation du corps des femmes.

Le bruit de fond des civilisations est toujours le même, le mépris pour la domus, pour le foyer, pour la maison, pour notre incarnation. Ce projet est le fruit d’une idéologie, d’une culture, et non d’une espèce. » Interview d’ANA MINSKI, dont le livre « Sagesses incivilisées » vient de paraître chez M éditeur, par Francine Sporenda

Révolution Féministe

Interview d’ANA MINSKI

Par Francine Sporenda

Ana Minski est autrice de poèmes, de contes et d’articles sur le siteLes ruminant-e-s.Archéologue et cofondatrice de l’association écoféministeLes ruminant-e-s,du mouvement d’écologie radicaleERIet de l’association ariégeoisePaléolithiquequi visent à apporter une critique écologique et féministe des techniques. Son livre «Sagesses incivilisées» vient de paraître chez M éditeur.

FS: Vous rappelez dans votre livre que l’une des dualités fondamentales sur lesquelles fonctionne la pensée dans les sociétés occidentales, c’est l’opposition mâle/femelle qui renvoie aux oppositions entre culture/nature, humanité/animalité, etc. Pourquoi selon vous la femme est depuis des millénaires assimilée à la nature et à l’animal ? Qu’est-ce qui est vu comme plus naturel et animal chez elle que chez l’homme ?

AM: La femme est celle qui met au monde et qui allaite, comme tout mammifère. C’est pour ces raisons que l’allaitement en public est très mal…

Voir l’article original 6 485 mots de plus

Le développement psycho sexuel de l’enfant : pour en finir avec l’Oedipe

Merci Sophie Robert !

Une pédopsychiatre et trois psychologues déconstruisent la théorie oedipienne, et parlent de la réalité du développement psycho sexuel de l’enfant, pour faire le point sur ce qui fait consensus aujourd’hui au sujet de la « sexualité infantile ».

https://www.youtube.com/watch?v=gNDVwb6p1AA